À 52 ans, Bridget Jones cherche toujours l'amour et s'offre une délicieuse cure d'absurdité britannique
Les nostalgiques ne vont pas être déçus par "Bridget Jones : folle de lui", une comédie déjantée aux dialogues ciselés.

- Publié le 11-02-2025 à 15h12

Neuf années se sont écoulées depuis que Bridget Jones (toujours incarnée par Renée Zellweger, évidemment) est tombée enceinte, sans savoir avec certitude le nom du père. Et depuis, tout a changé. Mère bordélique de deux enfants plutôt turbulents, Billy (Casper Knopf) et Mabel (Mila Jankovic), qu'elle fait garder tantôt par Daniel Cleaver (Hugh Grant), en compagnie ou non de "nounous aux gros lolos", tantôt par une jeune baby-sitter parfaite, Chloé (Nico Parker), elle a complètement oublié de vivre pour elle-même depuis le décès de Mark Darcy (Colin Firth), quatre ans plus tôt. Jusqu'au jour où elle grimpe sur "un arbre magique à hommes", dont ses enfants sont sauvés par le jeune Roxster (Leo Woodall) sous les yeux de l'adepte du sifflet, le professeur de sciences Scott Wallaker (Chiwetel Ejiofor). Autant dire qu'elle va décider de laisser de côté sa chère culotte de grand-mère et écrire plein de détails croustillants dans son journal intime.
Mais quel bonheur de retrouver Bridget Jones, toujours aussi déjantée et inadaptée en dépit des années qui filent. Même si le cœur de ses aventures ne varie guère (la recherche du grand amour et l'impossibilité de choisir entre deux prétendants qu'absolument tout oppose), le charme provient encore et toujours de cette faculté de se moquer de tout avec cet humour typiquement britannique. Y passent à la moulinette le jeunisme ("Il faudrait inventer une machine à remonter le temps pour que tu me rattrapes", avoue-t-elle à son jeune compagnon), la chirurgie esthétique, l'obsession de plaire à tout âge, les conseils contradictoires des amies, les principes éducatifs (une voisine menace ses enfants de les inscrire à Squid Game s'ils ne se calment pas), les prix Nobel décernés aux raseurs, les faux-semblants sur Tinder, le deuil, le ghosting ou les complexes dont on ne parvient jamais à se débarrasser. Le tout entrecoupé des réflexions salaces de Hugh Grant, toujours épatant de cynisme, ou des ordonnances cruellement hilarantes de la gynéco Emma Thompson, désespérée d'être prise pour une psy par sa patiente quinquagénaire ("On n'a encore rien inventé pour soigner la connerie").
Bridget Jones, toujours aussi déjantée 24 ans plus tard
Rien ne surprend vraiment dans cette comédie typiquement british, si ce n'est cette qualité de dialogues qui fait toute la différence. Renée Zellweger plonge toujours à pieds joints dans le ridicule, Hugh Grant ne parle que par sous-entendus grivois et les meilleures copines s'amusent comme des folles à analyser tout ça, pendant que Leo Woodall se la joue top model masculin pour Coca Cola Light et Chiwetel Ejiofor donne des leçons de rigorisme à tout son entourage. Et ça fonctionne. Pour tous les fans de Bridget Jones qui sont restés pliés de rire lors des trois premiers volets, même si les scènes frisent souvent la caricature, ce n'est que du bonheur, une délicieuse cure d'absurdité britannique fortement teintée d'humanité et de résonances actuelles.
Les nostalgiques ne seront pas déçus, et c'est bien là l'essentiel. Bridget Jones : folle de lui s'adresse avant tout à eux, pour les remercier de se vautrer dans sa vie intime mouvementée depuis 24 ans déjà. Aux autres, on conseille donc fortement de revoir d'abord Le journal de Bridget Jones, Bridget Jones : l'âge de raison et Bridget Jones Baby pour mieux savourer les gags et les références. Les occasions de rire sont trop rares pour manquer celle-ci.