Dina Tersago, Miss Belgique surprise

Propos recueillis par Eddy Przybylski
Dina Tersago, Miss Belgique surprise
©Didier Bauweraerts

L'harmonie de Puurs et des centaines de voisins l'attendaient pour son retour

PUURS Dimanche après midi, une véritable tempête délavait les calicots laissés aux abords de la maison de Puurs où vit Dina Tersago, la nouvelle Miss Belgique. Les petits drapeaux trempés et des ballons battus par le vent avaient des airs de fin de fête. Les parents de Dina et son frère Hans, 18 ans, sous forte pression depuis quarante-huit heures, gardaient le sourire. Dina commença par s'excuser: `Je suis encore en train de manger.´ Un yaourt...

Blonde aux cheveux assez courts, Dina a surtout un magnifique regard bleu et un très joli sourire. Elle est une Miss Belgique surprise dans la mesure où, dans les dernières semaines, certaines candidates s'imposaient comme de véritables professionnelles des concours. Elle était loin d'être dans le cas. La preuve: les autres filles l'ont aussi élue Miss Sympathie.

Jo, son fiancé depuis quatre ans (il était le frère d'une copine de classe), termine, cette année, des études de photographie. Sauf pour lui, Dina n'avait jamais posé pour des photos avant cette formidable aventure. Elle n'avait jamais fait de défilés. Ni, à plus forte raison, aucun concours de beauté.

Sa maman en a eu l'idée, en voyant un magazine. `A l'époque, je vivais en kot à Louvain. Maman m'a appelée. J'ai dit: Pourquoi pas? ´

Il fallait d'abord passer par l'élection des Miss provinciales. Dina fut élue Miss Anvers avec, pour première dauphine, une certaine Caroline Costermans qui est aussi sa première dauphine à Miss Belgique. Ce goût de déjà vu, Dina raconte qu'elle l'a ressenti pleinement pendant l'énoncé des résultats: `J'ai surtout eu très peur quand on a donné la liste des dix. Quel drôle de système! Mais après, lorsqu'on a annoncé le podium gagnant et que j'ai entendu que Caroline se classait deuxième, je me suis surprise à penser que ce serait comme à Miss Anvers. Caroline deuxième et moi, première. Je savais qu'il restait deux autres filles, que Vanessa et Brunhilde étaient très fortes. Mais j'ai pensé: `C'est pas vrai! ça va être moi, maintenant!´ Et lorsqu'on a dit mon nom, c'était bizarre. Je suis restée très calme. Et en même temps, j'avais oublié toutes les consignes.´

Le papa de Dina est un ingénieur: `C'est étonnant ce qui se passe dans ces moments-là. Quand on a dit son nom, j'ai pensé à tout et à rien.´

Dina n'a pas pleuré. Dans le public, son père et sa mère (institutrice dans l'enseignement spécial) non plus. Pas même Jo, son fiancé. Une famille où on ne pleure pas... `Par contre, mes voisins m'ont tous dit qu'eux, ils ont pleuré pour moi!´

Déjà une cicatrice

Tout de suite après le sacre, Dina a appris les inconvénients de son nouveau titre: transbahutée d'un coin à l'autre, d'un groupe de sponsors vers un groupe d'admirateurs, elle en garde une petite cicatrice au coude: `Dans la cohue, quelqu'un m'a brûlée avec sa cigarette.´

Samedi, elle a dormi huit heures: `On était épuisée.La nuit avant, on n'avait dormi que quatre heures. Mais samedi, très tôt, des journalistes m'attendaient déjà. Je n'ai même pas eu le temps de dire au revoir aux autres filles.´

Dina est rentrée à la maison samedi à 16 heures. Tout Puurs l'attendait. Une harmonie la guida de la route principale à sa maison. Elle a des fleurs plein le garage. Les gens sont restés même après son départ car, à 20 heures, elle a donné le coup d'envoi du match Malines-Anderlecht: `Et j'ai regardé le match. Enfin, j'ai surtout bavardé avec les épouses des sponsors. Parce que bavarder, ça, c'est mon truc.´


Un ex-garçon manqué

PUURS A 21 ans, la nouvelle Miss Belgique surprend tout son monde lorsqu'elle raconte que, petite fille, elle était... garçon manqué. `En tout cas, lorsqu'il y avait des jeux, au sein des mouvements de jeunesse que je fréquentais, j'étais toujours partante pour ce qu'il y avait de plus rude. Et puis je jouais au football avec mon frère et avec Jo, mon petit ami.´

En plus, avant dix-sept ans, elle ne s'était jamais maquillée. Du reste, dans la coquette maison entourée de jardins qu'elle occupe à Puurs, ses photos de jeunesse attestent qu'elle n'avait pas, à 15 ans, la coquetterie qui fait son charme aujourd'hui. Miss Belgique 2001 est donc née dans une clinique de Saint-Nicolas-Waas. Mais ses parents habitaient déjà dans la petite localité de Puurs, entre Malines et Saint-Nicolas. Très près finalement du studio de Londerzeel où, vendredi, elle a été couronnée.

Elle a fait de la gymnastique et aussi de la danse. Modern jazz puis hip- hop. Elle a arrêté la danse à 18 ans, lorsqu'elle s'est installée en kot à Louvain pour y entrer à l'université, en pédagogie: `J'ai fait mes trois années de candidature. Puis j'ai perdu la motivation. J'étais intéressée par l'enseignement et je suis entrée au régendat, en mathématiques, physique et informatique.´

Son titre remet des choses en question: `Quand je vois le programme qui m'attend déjà cette semaine, je me dis qu'il est probable que j'interrompe mes études pendant un an. Sans compter qu'il y aura peut-être des opportunités.´

Et si on lui dit que beaucoup de Miss Belgique, par le passé, ont fini par faire de la télévision: `Ce ne serait pas pour me déplaire. Etre devant une caméra, ce n'est pas du tout stressant pour moi. Au contraire, ça m'amuse énormément.´

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