Ostende: faites vos jeux!
- Publié le 23-07-2003 à 06h00

Déplacé, détruit, reconstruit, rénové... La saga du casino débute en 1852
OSTENDE Tous les historiens s'accordent sur ce point: si Ostende peut toujours être qualifiée de Reine des plages, le Casino-Kursaal est son incontestable trône. Un trône qui a brillé de mille feux, qui a vacillé aussi mais qui reprendra tous ses apparats en 2004, lorsque les travaux de rénovation seront entièrement terminés.
C'est à Ostende qu'est né le premier casino de la côte. Enfin, de casino, il n'avait que le nom. Il s'agissait d'une construction en bois démontable en vingt-quatre heures. La raison? En 1852, Ostende était encore cernée de remparts. Le bâtiment ne pouvait gêner les tirs de défense et être la cible d'éventuels envahisseurs. Ce premier Kursaal accueillait les joueurs au premier étage d'une salle de fêtes.
Ce premier casino fut démonté définitivement en 1875 pour laisser place à un magnifique édifice installé, non plus à la hauteur de la rampe de Flandre, mais à la courbure de la digue, un emplacement qu'il n'a plus quitté depuis. On l'évoquait dans la présentation de la plage d'Ostende, c'est Léopold II, le roi bâtisseur qui a transformé cette cité balnéaire en Reine des plages. Pour attirer les familles fortunées, les aristocrates européens, les courtisanes et les plus grands artistes de l'époque, Ostende ne pouvait se contenter d'offrir de belles plages et des hôtels luxueux. Il lui fallait aussi un casino et un champ de courses qui sera inauguré en 1857.
Ce casino connaîtra ses heures de gloire durant l'entre-deux guerres. En 1940, les Allemands fermèrent la salle de jeux et transformèrent le bâtiment en bunker. Celui-ci sera bombardé et détruit peu avant la Libération.
Après la guerre, il faudra attendre huit ans avant que l'actuel casino ne soit érigé. Construit selon les plans de l'architecte anversois Léon Stynen (à qui on doit aussi le casino de Knokke construit en 1930), le Kursaal a été érigé en pierres blanches de Portland. C'est celui que nous connaissons actuellement, même s'il a subi de profondes transformations au fil des années...
A son inauguration, le 20 juin 1953, les visiteurs pouvaient apercevoir la mer depuis la salle de concert. Plus tard, cette salle est devenue un théâtre avec un mur orbe, parallèle au tracé de la promenade Albert Ier. Le hall d'accueil a été orienté vers la ville, après l'interdiction des voitures sur la digue d'Ostende. En outre, une seconde entrée a été percée dans la façade ouest. La salle de jeu, avec ses fresques de Paul Delvaux, éveille toujours la curiosité et inspire, paraît-il les joueurs. D'autres artistes ont décoré tant l'intérieur que l'extérieur de l'édifice: Georges Grard, Van Vlasselaar, Marc Mendelssohn et bien entend Oscar Jespers dont les Quatre Eléments en bronze surmonte fièrement la galerie de piliers à l'entrée principale.
| La roue tourne Des travaux de 2 ans pour redonner toute sa gloire au Kursaal |
OSTENDE Financé en grosse partie par le Fonds structurel européen, les travaux de rénovation du casino d'Ostende ont été étalés sur deux ans. Ils prendront fin en 2004. Signalons aux flambeurs que la salle des Jeux reste ouverte durant ce dur labeur dont les touristes peuvent constater quotidiennement les avancées.
Objectif de la tâche confiée au bureau d'architectes Storme Van Ranst? Rendre toute sa gloire au C.K.O., le Casino Kursaal Oostende. La rénovation se fait en quatre étapes.
L'accès par la digue, du côté du quartier Petit Nice, va être réhabilité. Les allées actuelles seront recouvertes de verre afin d'offrir plus de luminosité au bâtiment, en plus d'un rayonnement frais et moderne.
Les travaux les plus importants concernent la scène et la tour de la scène. Elles vont être rabaissées. Cela permettra d'augmenter la capacité de la salle de concerts (on parle de quelque 2.500 sièges), tout en remettant à l'honneur les proportions architecturales de l'oeuvre de Léon Stijnen. Grâce à l'ampleur de la scène et aux moyens techniques hypermodernes, le casino d'Ostende pourra accueillir les toutes grosses productions.
Une terrasse extérieure sera aménagée. Vous pourrez profiter ainsi de la superbe vue sur la mer (et des vagues impressionnantes qui viennent s'écraser sur la Promenade Albert Ier à marée haute), tout en dégustant un savoureux cocktail.
Grâce à une alternance constante de projections video, la façade vitrée du côté de la digue sera transformée en videowall géant.
© La Dernière Heure 2003
Un carré d'as et un joker...
On compte cinq casinos à la côte
OSTENDE Avec ses cinquante slot machines, ses vingt-deux tables de jeux, ses deux restaurants mais aussi ses salles d'exposition et de spectacle, le casino d'Ostende est le plus imposant de la côte. Mais chaque station a souhaité avoir sa propre salle de jeux pour attirer une clientèle fortunée. La Panne a possédé la même année qu'Ostende (1875) un casino primitif en bois dressé sur pilotis. Westende avait opté, pour sa part, pour un look tyrolien, avec un chalet de jeux dans les dunes.
Le Coq a aussi eu son casino durant une trentaine d'années. Construit en 1899 sous la forme d'un pavillon oriental, il attirait essentiellement les touristes d'un jour et les cyclistes. Il ne fallait pas être endimanché pour y jouer.
Aujourd'hui, il reste cinq casinos sur la côte. Ou plutôt quatre et un joker, celui de Coxyde, qui ne joue pas dans la même division...
Le casino de Knokke a été construit par l'architecte Stijnen et inauguré le 5 juillet 1930 à l'Albert Plage. Comme à Ostende, il offre une salle de jeux et une salle de spectacle où les plus grands ont chanté. Il abrite également un club.
Le casino de Middelkerke présente la particularité d'être ouvert en journée durant la haute saison. Outre une salle de jeux, il abrite aussi une boîte de nuit et une superbe salle de réception. Situé dans la bien nommée Casinostraat, le casino de Blankenberge est ouvert tous les jours jusqu'à six heures du matin. Quant au casino de Coxyde, il est surtout connu pour ses spectacles.
