L'Atomium et ses coquilles vides
- Publié le 24-05-2005 à 06h00

Visite de l'un des chantiers les plus impressionnants du pays
BRUXELLES Certes, un casque suffit pour s'aventurer sur le chantier de l'Atomium. Mais il faut tout de même être encadré par des accompagnateurs influents, qu'il s'agisse du président de l'ASBL Atomium ou du chef de chantier.
Hier, la presse a pu parcourir certaines boules du monument, construit pour l'Expo 58 et actuellement en cours de restauration. Les travaux, estimés à 27 millions d'euros (financés par l'Etat, la Ville de Bruxelles et l'ASBL Atomium), ont démarré fin 2004. "Le chantier ne connaît pour l'instant aucun retard, rassure Henri Simons, président de l'ASBL Atomium. L'inauguration est donc toujours prévue pour janvier 2006."
Mais que fait-on au juste dans cette molécule de cristal de fer agrandie 165 milliards de fois? Pour obtenir des réponses, nous grimpons à bord de l'ascenseur, direction la dernière boule (futurs restaurant et panorama). Peu de poussières mais de la rouille, au sol. Celui-ci devra être traité à l'instar de la structure. Les parois donnant vers l'extérieur ont quant à elles été consolidées. Tôles d'acier galvanisé (et laine de verre) à l'intérieur et plaques d'inox à l'extérieur, lequel redonne déjà de l'éclat à cette partie de l'édifice.
720 plaques par boule
"Chaque boule sera recouverte de 720 plaques d'inox et de 250 méridiens, explique le chef de chantier Damien Magerat, de l'association Besix-Delens. Ces éléments viennent s'intercaler entre les plaques." La nuit, la lumière jaillira de ces méridiens placés, comme les plaques, par des ouvriers travaillant en rappel.
Contre la cage d'ascenseur, plusieurs vitres d'une épaisseur de 2,5 centimètres attendent d'être posées. C'est au travers de celles-ci que les visiteurs pourront admirer la vue sur le domaine royal, la basilique de Koekelberg, les tours de Bruxelles... En cette matinée, outre la rudesse du courant d'air qui traverse les ouvertures, on découvre l'une des boules inférieures entièrement désossée. "Ce n'est pas tous les jours que l'on voit l'Atomium déshabillé, s'exclame Johan Vandenperre, responsable technique. Et je sais ce que je dis: j'ai 20 ans de maison."
Retour dans l'ascenseur pour gagner la boule centrale, rhabillée elle aussi. De là, on peut atteindre la boule dite I 3 (I pour intermédiaire), dont il ne reste plus que la structure en acier, entièrement nettoyée et repeinte en gris. "Des 2.500 tonnes d'acier que compte l'Atomium, seules 20 tonnes ont dû être remplacées", annonce, soulagé, Henri Simons. Reste que la rouille a fait des dégâts. "Avant les travaux, des boulons sont même tombés sur la chaussée."
Des ouvriers, harnais autour de la taille, circulent sur la plate-forme de l'I 3. "Entre 55 et 70 hommes travaillent en permanence sur ce chantier", précise M. Magerat.
Une autre boule a été transformée en passoire mais restera inaccessible comme à l'origine. "Les boules suspendues pourraient supporter le poids d'une vingtaine de personnes mais pas celui d'un équipement lourd qui leur permettrait d'être viables." Dix-huit tubes de liaison sur vingt attendent rénovation. "Les tubes sont en fait renforcés de l'intérieur. Les parois extérieures seront sablées. Nous poserons ensuite quatre couches de peintures."
Sur le plancher des vaches, des grues continuent leur balai. Le pavillon d'accueil, lui, sert de rampe de lancement aux ouvriers. Des hommes auxquels on ne devrait plus faire appel trop souvent. "Dans l'avenir, l'Atomium aura besoin d'un entretien régulier", conclut M. Magerat. Un check-up global et un nettoyage annuel devraient éviter aux autorités publiques de dépenser à nouveau de grosses sommes pour remettre le bien à neuf.
© La Dernière Heure 2005
