"Cette victoire symbolise l'aboutissement de 12 ans de travail" : Youssef Swatt's se confie sur son expérience dans "Nouvelle École" sur Netflix
Le Tournaisien a remporté, ce dimanche soir, la finale de la troisième saison de la compétition de rap sur la plateforme de streaming et le chèque de 100.000 euros promis au vainqueur. Interview.

- Publié le 22-07-2024 à 19h30
- Mis à jour le 11-10-2024 à 13h54

Ce dimanche, alors qu'il mettait le feu sur la scène du parc du Cinquantenaire, devant pas moins de 70.000 personnes, Youssef Swatt's était également en train de remporter la troisième saison de Nouvelle École sur Netflix. Une victoire méritée pour le Tournaisien aux 10 ans de carrière et aux 3 albums qui a impressionné par son rap à l'ancienne et ses textes à la fois mordants et touchants.
Dès le lendemain de sa victoire, et après seulement quelques heures de sommeil, l'homme de 26 ans, était déjà en tournée promotionnelle en Belgique. Nous avons eu la chance de le rencontrer.
Que représente cette victoire pour vous ?
"Elle symbolise l'aboutissement de 10 à 12 années de travail. Je fais de la musique depuis que j'ai 13 ans. Cette victoire, ça représente tout l'avant, tous ceux qui ont cru en moi, tous ceux qui me suivent depuis longtemps. Ma victoire c'est pour eux aussi."
Comment êtes-vous arrivé à Nouvelle École ?
"On était déjà venu me chercher pour participer à la saison 2 mais je n'avais pas accepté parce que je ne connaissais pas l'émission. J'avais peur d'arriver dans un programme où je ne me serais pas senti à ma place. Entre-temps, j'ai pris le temps de regarder l'émission. Je me suis rendu compte qu'elle offrait une belle visibilité aux artistes qui s'y produisaient. Et cela qu'ils gagnent ou pas. Un ami m'a poussé à les rappeler. Ce que j'ai fait pour aller chercher cette visibilité-là."
Quand vous déposez le micro à la fin de Générique de fin, votre dernière prestation dans Nouvelle école, vous saviez que vous alliez gagner la compétition ?
"Pas du tout. Quand j'ai terminé le morceau, au contraire, j'étais quasiment certain que je n'allais pas gagner. J'avais vu les prestations des deux autres finalistes et je trouvais que c'était du haut niveau. Par contre, après la standing-ovation, je me suis dit : Que je remporte l'émission ou pas, j'ai déjà tout gagné. J'ai touché le cœur du public."

Vous avez décidé de prendre le contre-pied lors de la finale en proposant un titre qui vous correspondait et pas un morceau mainstream comme les autres finalistes. Un pari osé…
"J'ai choisi de prendre cette direction artistique de façon instinctive et en échangeant avec les gens autour de moi. À ce moment-là, j'ai ressenti le besoin d'aller dans cette direction-là. Je suis content que le fait d'avoir pris le contre-pied m'ait fait gagner. C'est ce qu'on attend d'un artiste. Je ne vois pas l'intérêt de faire un copier-coller de ce qui se fait déjà. J'essayerai de faire ça autant de fois que je pourrai le faire par la suite."
Comment avez-vous pris la réaction d'Aya Nakamura qui voyait plutôt un Dadi soulever le trophée ?
"Il y a eu deux chapitres dans les réactions d'Aya. Dans un premier temps, elle était davantage pour Dadi. Ce qui comptait pour elle, c'était d'avoir en face d'elle un artiste qui était complètement dans les codes du mainstream, qui pouvait décoller plus vite. Et ses prédictions étaient bonnes parce que Dadi explose sur Tik Tok. Elle a rempli son rôle de jury, choisir l'artiste qui parlera au plus grand public. Puis, il y a eu un retournement de situation. Elle s'apprêtait à annoncer le nom du gagnant et a demandé à discuter à nouveau avec SDM et SCH. Elle a vu que le public était avec moi et que ce qui comptait, c'était ce que le public voulait."
Qu'allez-vous faire avec les 100.000 euros gagnés ?
"Bonne question… (sourire) C'est une chance de gagner une somme pareille dans une vie. J'ai envie de l'utiliser pour me donner les moyens de réaliser mes projets. Ce chèque, c'est mon billet pour la liberté artistique. Je veux pouvoir investir dans des choses de manière intelligente et pragmatique et au moins régaler papa et maman. Le reste, ça attendra."
C'était important pour vous que votre mère soit présente lors de la finale ?
"Très important parce qu'elle est la base de tout artistiquement pour moi. C'est elle qui m'a façonné sur la manière dont j'écris mes textes et la sensibilité que j'essaye d'y mettre. C'est ma première directrice artistique en fait. Je voulais qu'elle puisse voir ça de ses yeux, qu'elle voit son fils gagner et surtout qu'elle soit fière de moi."
Pourquoi avez-vous choisi Youssef Swatt's comme nom de scène ?
"J'ai choisi mon prénom. Et "Swatt's" ne me demandez pas pourquoi parce que je n'en ai aucune idée ! (rires) J'ai commencé la musique très jeune. On était un groupe de huit potes. Et lorsque j'ai dû mettre mon premier son sur Youtube, il me fallait un blaze (nom de scène). J'ai choisi Swatt's sans raison particulière et sans savoir que ça allait me suivre toute ma vie."
Quelle étape avez-vous le plus appréciée dans Nouvelle École ?
"Ce qui m'a le plus challengé, c'était la demi-finale et le feat avec Kerchak. J'ai été poussé dans mes retranchements. Et, au final, j'ai été très content de la prestation et de la rencontre avec Kerchak qui est une personne très bonne humainement et artistiquement."
Quel serait votre featuring de rêve ?
"J'ai toujours rêvé de faire un feat avec Youssoupha. Au-delà du rap, j'ai beaucoup écouté Pomme qui est dans un registre très différent. Sa musique me parle et je pense que nos deux styles pourraient bien matcher."
Vous êtes le deuxième Belge à remporter Nouvelle École. Que possèdent les Belges que les autres n'ont pas ?
"Je ne sais pas s'ils ont une plus-value particulière. Ce qui est beau en Belgique, c'est qu'on est très indépendants, on sait faire beaucoup de choses par nous-mêmes. On se challenge. Puis, dans notre pays, le milieu du rap est assez petit donc ça nous solidifie et ça nous prépare peut-être à préparer ce genre d'épreuve. Mais, je pense qu'il n'y a pas de frontières dans la musique."