À 14 ans et déjà star à Ibiza, ELFIGO est le plus jeune DJ belge à Tomorrowland : "C'est en regardant le festival à la télé que j'ai commencé à mixer"
Le jeune prodige bruxellois Elias Figoni fera la clôture de la scène "House of Fortune" ce samedi soir à Tomorrowland. Un record pour cet as belge des platines qui mixe depuis ses 4 ans.
- Publié le 26-07-2025 à 09h06
- Mis à jour le 26-07-2025 à 09h07

"Mon prénom, c'est Elias et mon nom de famille, c'est Figoni, nous confie celui qui est suivi par plus d'un million de personnes, sur son nom de scène. J'ai juste assemblé les deux."
Après le record du jeune Anglais DJ Archie lors des 20 ans de Tomorrowland l'année dernière (il a mixé sur le festival électro à seulement 9 ans), au tour d'un Belge de faire sensation ce week-end. En effet, pour la troisième fois consécutive (après la Rise Stage en 2023 et The Gathering en 2024), DJ ELFIGO va performer à Tomorrowland.
Ce week-end, après avoir mixé à Tokyo le week-end dernier, il sera sur la scène House of Fortune by JBL de 21 à 22 heures. "J'ai toujours du mal à y croire… mais je suis trop content car j'ai commencé à faire du deejaying en regardant Tomorrowland à la télé", nous glisse ce jeune Bruxellois de 14 ans, rock star derrière les platines mais quelque peu introverti dans la vie. "En dessous de 16 ans, de toute façon, je ne peux pas mixer après 22 heures. Mais ça me va très bien !".
"J'ai toujours du mal à croire ce qu'il m'arrive"
Tout a commencé par une vidéo dans laquelle on voit Elias, à peine 10 ans à l'époque, mixer à l'occasion d'un anniversaire, à Ibiza. Une séquence vue plus de 27 millions de fois. "Et vu son succès fulgurant sur les réseaux sociaux (que ses parents gèrent pour le protéger, NdlR), on a décidé de déménager à Ibiza, confesse le papa Jean-Charles au sujet du temple de la fête et de ce paradis dj's. "Les Français font comme avec Johnny, il se l'approprie mais Elias est bien belge", rappelle le paternel, un Français, marié avec une Belge. "Il est né en Belgique, on vivait à Bruxelles. Il a juste la double nationalité. On avait déjà été sur cette île en vacances et on aimait bien son énergie un peu différente. L'avantage d'être là-bas, paradoxalement, c'est qu'on est un peu dans une bulle. Ailleurs, il se fait prendre en photo dans les rues. Ici, à Ibiza, on est un peu dans une bulle protégée. C'est aussi grâce à ça qu'il garde les pieds sur terre."

Parmi les 10 meilleurs dj's au monde de moins de 16 ans
Après à peine quelques années dans le milieu, certains comparent déjà son parcours à celui de David Guetta (sa mère étant aussi d'origine belge, de Liège), lui qui a pour morceau favori l'énergique Be My lover du célèbre dj français. "Humainement, j'aime aussi James Hype, Skrillex, DJ Snake, Médusa, etc., nous confie ce fan de cuberdons, de gaufres et de Tomorrowland donc. "Le seul souci de vivre ici à Ibiza est qu'il n'y a pas d'école de musique, enchaîne Jean-Charles. Donc il se peut qu'on revienne à un moment donné en Belgique ou aux Pays-Bas. On n'a pas trop de visibilité pour l'instant vu que sa starification est encore naissante. Elias continue donc à aller à l'école. Il va passer son brevet qui lui permettra d'aller jusqu'au bac. On ne s'enflamme pas trop. Les études restent la priorité et, sur le côté, la musique."
D'où lui est venue cette passion du deejaying ? "J'avais une espèce de petit piano synthétiseur que mon grand-père m'avait offert et, au départ, j'en faisais juste pour m'amuser, nous confie Elias. J'avais environ 4 ans, je tapais dessus et ma sœur dansait à côté. Puis, mon père regardait Tomorrowland à la télé depuis des années. Et c'est vraiment vers mes 7 ou 8 ans, quand j'ai regardé avec lui sur le canapé que je me disais : waouw, c'est trop bien ce que fait le gars à la télé. Mon père m'a alors dit : 'ça, c'est un DJ'. Je lui ai tout de suite dit que j'avais trop envie d'essayer. Ça avait l'air trop bien. J'ai testé et, puis, j'ai kiffé !"
Sa patte, lui qui crée déjà ses propres morceaux ? "Mon style, c'est de prendre des chansons rétro des années 1980-2000 avec des nouvelles chansons un peu tech house de 2020 à 2025, je fais un mix des deux, détaille celui qui préfère jouer pour les adultes que les enfants car ils possèdent une meilleure culture musicale. Il est compliqué de se démarquer dans un milieu aussi gros et je pense que c'est surtout grâce à ma technique de mash-up que j'y suis parvenu."
Elias est en effet considéré par ses pairs comme l'un des dix meilleurs DJ's au monde de moins de 16 ans. "Techniquement, il est capable de créer une nouvelle chanson à partir de quatre platines ou instruments, dixit son père au sujet de cette prise de risque entre mix et création de chansons. Henri PFR et Steve Aoki lui ont même dit que c'était encore plus dingue d'arriver à le faire en live car très peu de DJ's oseraient prendre ce risque. Surtout à Tomorrowland."

Elfigo, l'Avicii made in Belgium
Arrivé si jeune – et déjà enfant star – dans le métier, cela peut faire peur. Surtout avec les cachets parfois exorbitants qui peuvent tomber et faire tourner autant la tête de l'enfant que des parents. "Je suis assez humble et avec les pieds sur terre, assure Elias. Mais c'est aussi grâce à mon père, mon entourage et l'éducation de toute ma famille. Je pense avoir de bonnes valeurs comme le respect. Ce n'est pas l'argent qui va me détourner de ma passion. j'ai déjà refusé des choses qui ne m'amusaient pas malgré le cachet." Des sommes qu'il ne pourra de toute façon pas toucher avant ses 18 ans.
De par son physique de blondinet à casquette, sa vibration solaire et son profil très humble, on le compare souvent au regretté Avicii (la salle Avicii Forever lui rend d'ailleurs hommage à Tomorrowland ce week-end). "Mais on espère que ça ne finira pas de la même manière…., confesse le papa Jean-Charles au sujet du milieu, parfois sombre, de la nuit. Même si son fils mixe essentiellement de jour. Elias n'a pas son mal-être déjà. Il n'a justement pas de personnes derrière lui qui le poussent à faire plus pour gagner plus l'argent. Lui, il mixe vraiment pour s'amuser. C'est un ado. Il est d'ailleurs très strict niveau alcool et cigarettes, il n'accepte pas ce genre de personnes autour de lui durant ses sets." Et de conclure : "Mais s'il peut révolutionner un peu la musique comme l'a fait Avicii, ce serait son plus grand désir."
Bref, à l'instar d'Avicii, le rêve ultime de DJ ELFIGO est de créer un nouveau style de musique. "Ça va être compliqué mais j'espère créer un jour plusieurs bangers musicaux ou pourquoi pas le son, voire le tube ELFIGO (sourire) !"
