Le chanteur Florent Pagny, 42 ans, comparaît lundi après-midi devant la 5ème chambre du tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines)

VERSAILLES Le chanteur Florent Pagny, 42 ans, comparaît lundi après-midi devant la 5ème chambre du tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines) pour "fraude fiscale", avec à ses côtés Pascal Nègre, Pdg d'Universal Music France qui devra répondre de "complicité de fraude fiscale".
Le tribunal va surtout s'intéresser à une somme de plus d'un million d'euros versée au chanteur par sa maison de disques début 1996, après un premier versement, fin 1995, de 472.000 euros que l'administration fiscale n'a pas retenu dans ses poursuites.
Le fisc considère que ces facilités de trésorerie accordées à Florent Pagny à un moment où, selon une source proche du dossier, "il était dans le creux de la vague", sont en fait une avance sur ses recettes futures et, à ce titre, imposables. Le chanteur et sa maison de disques, poursuivie pour complicité de fraude, affirment en revanche qu'il s'agit d'un prêt.
Pour étayer ses accusations, l'administration note que ce versement n'a pas la nature juridique d'un prêt tant en ce qui concerne les garanties qui y sont rattachées que l'existence d'un échéancier précis.
Le terme du remboursement prévu fin 1999 a été repoussé de dix ans par un avenant datant de 1998 à un moment où la carrière du chanteur redécollait.
Pour l'administration fiscale, qui estime qu'il s'agit bien d'une avance -"une maison de disques n'étant pas faite pour faire des prêts"-, cette somme aurait dû être soumise à l'impôt.
Lors de la même audience, Florent Pagny, seul cette fois, devra également s'expliquer sur la non déclaration et le non paiement de la TVA pour l'année 1997 pour un montant de près de 48.000 euros. Il lui est aussi reproché d'avoir minoré, pour les années 1996 et 1997, ses revenus de plus de 540.000 euros dans ses déclarations fiscales.
Enfin, la justice lui reproche "un détournement d'objets saisis", après un inventaire d'un huissier de justice en juillet 2001 dans sa propriété de Montfort-L'Amaury (Yvelines), et que le fisc comptait saisir dans le cadre d'un arriéré d'impôts.
Mais quand l'huissier s'était présenté en 2002 pour procéder à la saisie, les bouteilles de grands crus, les oeuvres d'art, la Bentley et les quatre motos qu'il avait recensés quelques mois auparavant avaient disparu.
Cette dernière procédure avait d'ailleurs valu au chanteur, au printemps dernier, de figurer sur le fichier des personnes recherchées à une période où il enchaînait les galas et les passages sur les plateaux de télévision.