"On ne peut plus rien faire qui oblige les téléspectateurs à se concentrer" : David Chase, le créateur des Soprano, flingue le public actuel de séries
Dans une interview au Times, il regrette qu'on lui ait demandé de "baisser le niveau" et de "ne rien créer qui ait trop de sens".

- Publié le 17-01-2024 à 14h05
- Mis à jour le 17-01-2024 à 17h32

Sur sa cheminée trônent sept Emmy Awards et un Golden Globe, ainsi qu'une flopée d'autres prix, presque tous décrochés pour sa série HBO, Les Soprano. Et pourtant, au moment de fêter le 25e anniversaire d'une des sagas télévisuelles les plus populaires de tous les temps, David Chase n'a pas le cœur à faire la fête. L'événement, à ses yeux, tient plutôt lieu de… "funérailles. Nous retournons à la case départ. On va remettre de la publicité… et on m'a déjà dit de baisser le niveau."
La raison de son aigreur ? La troisième mouture de son nouveau projet de série, A Teacher, vient encore d'être recalée par FX pour "cette triste vérité : c'est trop complexe pour les téléspectateurs d'aujourd'hui !", explique-t-il dans une interview au Times.
Avant de se lâcher et de flinguer tout autant les patrons de chaînes ou de plateformes et les producteurs que les téléspectateurs. "À qui est-ce vraiment destiné ? Je suppose aux actionnaires. Au fur et à mesure que l'humanité progresse, nous devenons de plus en plus multitâches. Le smartphone n'est qu'un symptôme : qui peut encore vraiment se concentrer ? Votre mère est peut-être en train de mourir et vous êtes près de son lit d'hôpital en train de prendre des appels. Il semble que nous soyons désorientés et que le public n'arrive pas à fixer son esprit sur une seule chose. Donc nous ne pouvons rien faire qui ait trop de sens, demande trop d'attention et oblige les téléspectateurs à se concentrer."
Pour lui, des séries comme Les Soprano, The Wire, Mad Men ou Breaking Bad font partie d'une parenthèse de 25 ans en train de se refermer. "Donc, c'est un enterrement. Quelque chose est en train de mourir", conclut-il sinistrement son interview au Times. Des propos qui suscitent déjà de virulents débats sur les réseaux sociaux.
