"Je monterai sur leurs tracteurs avec plaisir" : une animatrice de "L'amour est dans le pré" se dit prête à manifester avec les agriculteurs

Et pour cause : elle connaît bien la difficulté de leur métier.

L'amour est dans le pré
L'amour est dans le pré ©M6

Karine Le Marchand présente l'émission "L'amour est dans le pré" en France depuis 2010. Alors, face à la grogne des agriculteurs, celle-ci a décidé de prendre la parole auprès de nos confrères du Parisien.

"Ce mouvement, c'est de l'ordre d'une insurrection civile", commence-t-elle. "Ils se disent : 'On en a marre d'être vos pions et de n'avoir que des injonctions depuis des dizaines d'années'."

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"Cette colère ne m'étonne pas, elle me fait plaisir", indique-t-elle encore. Selon Karine Le Marchand, cette colère est "la continuité d'une prise de conscience collective".

"Il y avait deux millions de fermes. Aujourd'hui, nous ne sommes plus qu'à 380.000 en France. La politique agricole commune et sa prime à l'hectare, où plus tu possèdes de terres, plus tu as de primes, nous a fait entrer dans un cercle vicieux, où on a commencé à donner des aides plutôt que de valoriser le travail agricole à son juste prix", continue celle qui côtoie des agriculteurs depuis près de dix ans.

Karine Le Marchand s'inquiète du salaire des fermiers. Si rien n'est fait, il est possible que le métier disparaisse selon elle : "Il faut un prix d'achat digne et fixe pendant quelques mois. Les plus petites exploitations crèvent. Deux agriculteurs sur trois qui partent à la retraite ne seront pas remplacés, nous perdons notre souveraineté alimentaire." Elle ajoute : "L'agriculture est en train de mourir, l'heure est grave. Les jeunes ont vu leurs parents travailler 18 heures par jour pour gagner des clopinettes et passer pour des cons en plus. Les jeunes n'ont pas envie de vivre la même chose."

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Elle conseille d'ailleurs à ceux qui peuvent se le permettre de consommer "local" : "Aujourd'hui, les agriculteurs ne peuvent pas s'aligner sur l'Espagne ou l'Italie, qui ont moins de charges et surtout d'autres normes alimentaires. Dans les supermarchés, quand on achète de la viande polonaise, on ne sait pas avec quoi elle a été engraissée."

"Je suis aussi une consommatrice, j'ai une fille de 21 ans. Demain, je n'ai pas envie que tous les produits qu'on mange arrivent de je ne sais où", continue l'animatrice.

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Karine Le Marchand indique qu'elle n'hésitera pas à aller manifester avec les agriculteurs : "Je monterai sur leurs tracteurs avec plaisir !"

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