Mustii, le chanteur queer qui doit représenter la Belgique : "Je ne vais pas ramener Drag Race à l'Eurovision"
Le chanteur queer Mustii, qui nous représentera lors du concours Eurovision de la chanson, rempile comme juré de Drag Race Belgique 2 qui démarre ce jeudi sur Auvio et dimanche sur la RTBF.
- Publié le 30-01-2024 à 15h51

"Je trouve que c'est plus rythmé cette saison", affirme Mustii au sujet de Drag Race Belgique 2, qui débute ce jeudi sur Auvio et dimanche sur la RTBF. "La production a un peu accéléré le montage, car le but était de gommer les petites erreurs qu'on a eues sur la première saison. Et je trouve que les Queens elles-mêmes arrivent un peu plus féroces." Et le comédien et chanteur belge, qui renfile son costume de juré aux côtés de Lio cette fois, de préciser son ressenti. Lui qui adore aussi se prendre quelques tacles des Queen's durant l'émission. "Elles sont un peu plus confiantes et un peu plus acides les unes envers les autres. C'est plus à l'américaine ! Ce qui est pas mal pour donner un peu de relief. Même si elles restent bienveillantes, c'est chouette de remettre un peu d'acidité. Ce qui manquait peut-être à la saison 1."
Après la saison 1, Drag Race Belgique a-t-elle eu un réel impact sur le milieu drag belge ?
"Oui, parce qu'il y a tout un monde à côté de Drag race. Il y a vraiment une espèce d'émulation. Toutes les soirées qui se créent et même des échanges Paris-Bruxelles. Même les Queens en profitent, elles ont des bookings et ça les met en valeur. Après, je pense qu'il y a encore du travail. Il y a tous les gens acquis de la plateforme WOW qui sont vraiment fans et regardent toutes les franchises. Mais on sent qu'il y a encore des gens à aller convaincre. Que ces gens-là, qui ont d'autres goûts, aient un peu plus de compréhension vis-à-vis des parcours des drags, de ce qu'est l'art du drag. Si ça peut susciter de la curiosité et pas de l'indifférence ou du mépris, c'est gagné. C'est le point fort de l'émission : pouvoir susciter de l'empathie. D'où l'aspect humain pour montrer pourquoi ces gens font du drag. Il y a encore du taf, évidemment, mais les mentalités évoluent !"
"Il y a encore du taf, évidemment, mais les mentalités évoluent !"
Allez-vous amener un peu cet univers-là à l'Eurovision ?
"J'estime être un artiste queer, entre guillemets, mais je ne vais pas ramener Drag race sur scène. Ce n'est pas mon but. Là, en plus, la chanson est dans le cadre d'un album que je suis en train de faire. Donc elle est vraiment dans un concept esthétique cohérent. Ce n'est pas juste une chanson que j'ai faite pour l'Eurovision. Donc non, rien n'est lié de manière littérale à Drag Race, ni militante. Si c'est militant, ça l'est indirectement. Je suis un artiste queer, mais je ne vais pas aller avec des drag-queens sur scène. Même si je parle beaucoup avec Gustaph (notre représentant en 2023, NdlR.), mais ce n'est pas le projet pour cette année. J'ai par contre fait un appel aux chœurs pour prendre le slogan de l'Eurovision, l'unité de la musique, au pied de la lettre."
Ressentez-vous une certaine pression ?
"Ah oui, à mort (rire) ! Parce qu'il y a beaucoup de trucs à gérer en même temps entre l'aspect visuel, performatif et puis la chanson, le mix, etc. Bref, la pression, je me la mets comme d'habitude, mais j'essaie vraiment de faire étape par étape. Plus on se rapprochera des préshows et des répètes dans la grande salle, plus ça va être intense. Mais là, je suis encore le nez en studio, mais faut pas trop que j'y pense (sourire) !"
Une édition anniversaire et all stars qui plus est avec le chanteur de Years&Years, Slimane ou un célèbre rappeur hollandais…
"J'ai l'impression que l'Eurovision regagne un peu en crédit avec ces dernières années avec des groupes comme Maneskin, Loreen, Duncan Laurens, etc. Et donc je crois que les pays reprennent ça un peu au sérieux. Il y a peut-être eu un passage à vide mais là ça recommence. Et donc je me dis qu'il faut être ambitieux, il faut se donner tous les moyens et l'assumer à fond. Je me suis toujours dit : être premier, non, c'est aussi très politique et quelque part, c'est compliqué… On est un petit pays, il n'y a pas une diaspora belge énorme. Donc je suis réaliste. Mais par contre, je veux tout faire pour être fier de la prestation, qu'elle soit classieuse et stylée. Peu importe le résultat. Après, avoir toutes ces stars, c'est assez galvanisant. Ça va être un vrai bon show. Pas un stress négatif donc mais plutôt un boost."