"Il n'y a pas de concurrence" : Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur donnent leur avis sur l'arrivée de nouveaux feuilletons sur le petit écran
Au casting de "Demain nous appartient" depuis 8 ans, les deux acteurs ne se sentent pas mis en danger par la diffusion de nouvelles quotidiennes.

- Publié le 17-06-2025 à 15h23
- Mis à jour le 18-06-2025 à 09h55

"Ingrid ! Un selfie, s'il vous plaît !","Alex, avez-vous le temps pour une petite photo ?" Lorsqu'Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur, acteurs emblématiques du feuilleton Demain nous appartient sur TF1, traversent le tapis bleu qui mène au Grimaldi Forum, là où se déroulent les interviews du 64e Festival de Télévision de Monte-Carlo, de nombreux fans les attendent, tantôt pour un selfie, tantôt pour un autographe. Après huit ans de diffusion, la quotidienne a toujours son effet sur le public. Ses acteurs font, en quelque sorte, partie de la famille. "J'ai toujours eu cette relation très proche et fidèle avec le public, explique Ingrid Chauvin, interprète de Chloé Delcourt, en interview. Mais, c'est vrai qu'avec DNA, on rentre dans le quotidien des téléspectateurs tous les jours. C'est plus impactant. On s'invite chez eux. On fait partie de la famille. C'est touchant."
Pour Alexandre Brasseur, qui incarne Alex Bertrand, il y a vraiment eu un avant/après DNA. "Moi, je n'ai pas démarré la série au même niveau qu'Ingrid. Elle était déjà dans le cœur des Français depuis bien longtemps. Donc, moi, j'ai vraiment vu la différence. La transition a été puissante, même si je suis encore bien loin du niveau d'Ingrid", déclare-t-il. "Souvent les personnages prennent le pas sur la réalité. Les fans nous appellent par le nom de notre personnage. Je sais qu'il y a des acteurs que ça énerve. J'ai connu cette histoire avec mon père (Claude Brasseur, NdlR.), notamment lorsqu'il a fait la série Vidocq. Quand Brasseur allait boire un café le matin au bistrot, on lui disait : "Salut Vidocq !". C'était comme ça et ce sera toujours comme ça."
Vous connaissez vos personnages par cœur mais êtes-vous parfois surpris par les chemins qu'ils prennent ?
I.C. : "Pas par le chemin mais par les intrigues. On se pose toujours la question de savoir : "Mais jusqu'où peuvent-ils aller ?. Et, à chaque fois, ils ont tendance à aller encore plus loin. C'est assez agréable."
A.B. : "Ce qui est agréable, c'est de vivre au jour le jour et, finalement, de ne pas vraiment savoir de quoi demain sera fait. Même si "demain nous appartient" ! (rires) On ne sait pas vraiment à quelle sauce on va être mangés mais on a les clés pour les faire réagit parce qu'on les connaît bien, on les maîtrise. Les auteurs ont la faculté d'écrire des intrigues surprenantes. Souvent, on se dit : "Ils sont vraiment dingues ! Où vont-ils chercher tout ça ?"."
Donnez-vous tout de même votre avis sur certaines intrigues ?
I.C. : "Quand il y a des intrigues personnelles en phase d'être écrites, souvent on en parle en amont avec le producteur. Quand on m'a proposé de devenir infirmière, par exemple, on m'a posé la question. On a la possibilité d'évoquer nos envies et ce qu'on ne veut surtout pas aussi."
A.B. : "Notre boulot, ce n'est pas d'avoir des idées. Moi, je n'ai pas cette prétention-là. Je ne suis pas du tout auteur donc je ne veux pas être calife à la place du calife. Néanmoins, on vit avec nos personnages donc on les ressent. De temps en temps, c'est bien de faire des points, sans jugement de valeur, mais de façon détendue pour dire "moi, j'aimerais aller par là ou creuser ce genre d'intrigue ou ce type de relation avec un tel personnage."
Une intrigue vécue dans DNA vous a-t-elle déjà transformée en tant que personne ou en tant qu'actrice ?
I.C. : "J'arrive quand même à dissocier la vie de Chloé et ma propre vie. Après, il y a des intrigues qui sont prenantes évidemment. Il y a cette fameuse scène où mon personnage apprend la tumeur d'Alex. C'était très fort, assez impactant mais il n'y a jamais eu de confusion entre les deux."
A.B. : "Une fois que c'est coupé, je rentre chez moi. Je ne mélange pas tout. Mais, c'est vrai que lorsque j'ai dû travailler sur l'intrigue de ma tumeur, sur l'annonce, la réception d'information et la transmission d'information, je me mettais dans ma bulle. J'ai travaillé autrement, davantage autocentré, plus à l'écoute de mes émotions. C'était une scène lourde et pesante donc je travaillais avec de la musique, par exemple. Et, au lieu d'être ouvert, jovial et gai, j'étais plus dans le ressenti. Mais, après, il faut toujours se méfier. Il ne faut pas savoir ressentir, il faut savoir faire ressentir. Le but, c'est que le téléspectateur soit convaincu par ce qu'on joue."
Que pensez-vous de l'arrivée de nouveaux feuilletons dans le PAF ? Les voyez-vous comme des concurrents ?
I.C. : "Il n'y a pas de concurrence, selon moi. Si ça existe, c'est qu'il y a une demande et ça crée des emplois. C'est une bonne chose parce que ce métier est compliqué. Il y a plein d'intermittents du spectacle qui peine à travailler de façon régulière. Chacun y trouvera son compte là où il voudra."
A.B. : "Il y a plein d'histoires à raconter et de manières différentes. Dans ces feuilletons, on retrouve des anciens collègues à nous. Et, on est content pour ces gens, on est content qu'ils aient du boulot."
Quels souvenirs avez-vous en Belgique ?
I.C. : "J'y suis déjà passée quand j'étais en tournée de théâtre. Vous êtes l'un de nos meilleurs publics. Vous êtes simples et chaleureux."
A.B. : "Et bien élevés aussi ! J'avoue que j'ai un petit faible pour la Belgique. J'y vais régulièrement à titre personnel. Mon parrain était belge et j'ai beaucoup d'amis belges. Mon père a fait le Paris-Dakar dans les années 80 donc j'ai tissé des liens puissants dans votre pays. J'y étais encore il y a dix jours avec la pièce Un grand cri d'amour. C'est toujours un moment joyeux pour moi de venir en Belgique parce que, moi qui suis très casanier, je me retrouve au restaurant tous les soirs avec des copains quand j'y suis."