Stéphane De Groodt dans "Rendez-vous en terre inconnue" : "J'aime tout prévoir, et là j'ai découvert avec plaisir que je pouvais aussi ne rien prévoir"
Ce mardi 26 mai 2026, Stéphane De Groodt s'envole pour l'Amazonie dans "Rendez-vous en terre inconnue" sur France 2. Avec Laury Thilleman, il partage deux semaines chez les Waujas, entre immersion, deuil et chocs culturels.
- Publié le 26-05-2026 à 14h54

Il aime tout prévoir. Et c'est précisément pour cela que l'expérience l'a marqué. Stéphane De Groodt s'est laissé surprendre par deux semaines hors de tout cadre, chez les Waujas, peuple autochtone vivant dans l'État du Mato Grosso, en Amazonie. Invité de Rendez-vous en terre inconnue, diffusé ce mardi 26 mai sur France 2, le comédien belge a partagé cette immersion avec Laury Thilleman afin de découvrir leur mode de vie et les menaces qui pèsent sur leur survie.
L'acteur belge a été ravi de la proposition. "J'ai pris ça comme un cadeau inestimable. Comme je suis TDAH, c'était aussi une belle expérience : on se redécouvre en découvrant d'autres gens. J'aime tout prévoir, et là j'ai découvert avec plaisir que je pouvais aussi ne rien prévoir."
Deuil imminent et chamanisme
Le tournage ne s'est pas déroulé comme prévu. Un deuil imminent dans la famille qui accueillait l'équipe a tout perturbé. "Mais ce deuil qui rôdait dans le village a apporté paradoxalement une forme de vie très intense", explique l'acteur, qui avait lui-même perdu sa maman quelques semaines avant le tournage. Cela a donné aussi une séquence très forte — sans doute l'une des plus intenses depuis que le programme existe — quand le duo a été admis à assister à un rituel chamanique visant à guérir la tante de leur hôte.
Cet épisode imprévu a bien failli ne jamais être filmé. Face à la situation tragique, la question d'arrêter le tournage s'est posée. "Mais on a pris le risque de rester et de s'adapter", confie Laury Thilleman. L'ex-miss France ne le cache pas : la difficulté d'obtenir les autorisations de tournage a aussi pesé dans la balance. "Cela faisait 15 ans que l'on rêvait d'aller en Amazonie. Les autorisations sont extrêmement longues à obtenir. Donc on s'est dit : on y va, et on fait de notre mieux."
La séquence chamanique a vraiment marqué l'acteur, même s'il la raconte avec la distance ironique qu'on lui connaît. "On avait conscience d'assister à quelque chose d'absolument inédit, auquel aucun étranger n'a normalement accès. Il y avait un chat noir qui traversait la pièce, des offrandes, des pleurs… On se sentait impuissants. La chamane fumait des choses que même les gens les plus aguerris ne seraient pas capables de fumer. À un moment, elle s'est effondrée, de la fumée sortant de la bouche. Le lendemain, je l'ai vue en pleine forme ! Malheureusement, malgré trois cérémonies, la femme malade n'a pas survécu…"
Une jeune fille recluse
L'immersion ne s'est pas limitée aux rituels liés à la mort. Elle a aussi révélé des pratiques liées au passage à l'âge adulte. Le duo a découvert aussi le rite de réclusion d'une adolescente, isolée près de deux ans pour devenir femme selon les critères de la communauté. Laury Thilleman l'a rencontrée derrière un drap tendu, pour préserver son isolement. Un moment rare, rendu plus poignant encore par le prolongement de l'isolement dû au deuil.
Une pratique qui illustre les tensions croissantes entre traditions et influences extérieures, notamment via les réseaux sociaux. Les standards de beauté occidentaux s'infiltrent désormais jusque dans le village, suscitant des rébellions chez certaines jeunes femmes et des questionnements auxquels Laury avoue ne pas avoir de réponse toute faite.
Dans ce village, les femmes sont partout. Elles construisent, cuisinent, portent les charges les plus lourdes, font tourner la communauté. Les hommes, eux, pêchent et chassent. Une réalité qui n'a pas échappé à notre compatriote, d'autant qu'il se retrouvait souvent à la traîne. Plutôt maladroit lors des tâches quotidiennes, il trouvait régulièrement des excuses pour ne pas porter le manioc, pendant que Laury faisait le boulot pour quatre. Il a souvent sauvé la mise grâce à son humour, une approche qui a beaucoup plu à ses hôtes. "À la fin du séjour, l'un d'eux m'a dit : 'On a aimé que tu te moques de nous, comme nous on se moquait de toi. C'est aussi notre façon d'aller vers l'inconnu.' J'ai adoré ça."
"Ils vivent heureux avec peu"
Le film fait aussi la part belle aux enfants, très présents tout au long du séjour. "Très vite, une petite fille s'est attachée à moi, raconte l'acteur. Elle venait me dire bonjour chaque matin. On s'est appris mutuellement l'alphabet dans la langue de l'autre. Elle ne savait pas prononcer le 'u'. Le dernier jour, au moment des au revoir, elle l'a dit parfaitement. J'étais bouleversé. J'ai failli l'emmener avec moi…"
Perçu par ses hôtes comme un être protecteur venu du ciel, Stéphane De Groodt a mis un peu de temps pour atterrir une fois rentré. "Ils vivent heureux avec peu, et font énormément de choses très bien. Ils ont une vie spirituelle très riche, un lien profond avec leur environnement. La première chose qu'on a faite en rentrant, c'est aller boire une bière. Et pourtant, j'en étais presque à regretter mon poisson bouilli, qui m'a laissé plus de souvenirs que l'entrecôte du lendemain." Il a continué à porter leurs bracelets en perles pendant six mois. Une petite poterie trône encore dans sa chambre.
Un retour qui invite aussi à réfléchir. Lors de la diffusion, Laury Thilleman et Stéphane De Groodt lanceront un appel aux dons pour soutenir les Waujas, qui se trouvent sur des terres qui ne leur appartiennent pas légalement. Une menace très concrète, dans une forêt amazonienne qui rétrécit à vue d'œil sous la pression de l'agro-industrie.