Avec près de 20 millions de ventes certifiées et plus de 33 millions annoncées, Jean-Jacques Goldman s’est depuis longtemps hissé dans le top 10 des plus gros vendeurs de disques francophones. Il y fricote avec les Johnny Hallyday, Michel Sardou, Francis Cabrel, Mylène Farmer et autres David Guetta. Mais loin de Céline Dion, active depuis 1981 comme il l’est en solo. La chanteuse québécoise affiche 125 millions de disques certifiés et plus de 230 millions annoncés.

Le phénomène D'eux

Il faut cependant rendre à César ce qui lui appartient. Et dans ce palmarès impressionnant qu’affiche la native de Charlemagne, une partie du mérite revient assurément à JJG. Sans lui, pas de D’eux, surnommé "The French Album" aux États-Unis, le disque francophone de tous les records. Lorsqu’il est sorti en 1995, il est resté 44 semaines en tête des ventes et s’est écoulé à des millions d’exemplaires. Près de 4,5 millions en France. Plus de huit millions sur tout le continent européen (octuple disque de platine à cette échelle !). Ajoutez en deux millions de plus si l’on ouvre le calcul à la planète entière. Porté par les singles "Pour que tu m’aimes encore" et "J’irai où tu iras", ce n’est plus un succès, c’est un phénomène.


Des débuts en forme de flop

Jean-Jacques Goldman porte bien son nom, c’est LE golden-boy de l’industrie musicale française. Pourtant, ses débuts en solo ont été laborieux. Dans la seconde moitié des années 70, il galère. Ses singles ne se vendent pas alors que le groupe dans lequel il officie, Taï Phong, parvient à se démarquer quelque peu, notamment avec l’album Taï Phong publié en 1975. Il prend aussi un râteau lorsqu’un éditeur tente de caser les chansons de l’auteur-compositeur auprès des maisons de disques pour que d’autres les chantent. Conséquence : Goldman devient chanteur par nécessité, a-t-il confié.

Mais il suffisait d’un signe pour que le destin bascule et ce sera "Il suffira d’un signe"… Un demi-million de copies vendues. Même si l’extrait suivant est à nouveau un échec, la machine est désormais lancée et plus rien ne pourra l’arrêter. "Quand la musique est bonne", "Comme toi, "Au bout de mes rêves", "Encore un matin", "Envole-moi", "Long Is The Road (Américain)", "Je marche seul", "Je te donne", "Pas toi", "La vie par procuration", "Elle a fait un bébé toute seule", "Il changeait la vie", "Là-bas", "À nos actes manqués", "Né en 17 à Leidenstadt", "Juste après", "On ira", "Pas toi", "Ensemble", etc. Le problème avec Jean-Jacques Goldman n’est pas de trouver 30 titres dont tout le monde se souvient mais c’est de n’en garder que 30 tant il a abreuvé les charts pendant 20 ans, entre 1981 et 2001, date de la sortie de son dernier album, Chanson pour les pieds.


La plume des autres

Depuis la fin de la tournée qui a accompagné ce disque, Jean-Jacques Goldman a rangé sa guitare au placard ou au grenier ou dans la cave. En tout cas, là où il ne la retrouvera plus. Du moins pour son propre service. Parce que sa retraite médiatique n’est pas synonyme de retrait. Il continue d’écrire pour les autres : Céline Dion, bien entendu. Mais aussi Garou, Calogero, Patrick Fiori, etc. Sans oublier ses contributions pour Johnny Hallyday, Patricia Kaas, Marc Lavoine, Maurane, Christophe Willem et tant d’autres.