"Si je n'écris pas, tout cela reste en moi" : les histoires extrêmement glauques écrites par un Ottintois sur des abus d'enfants
Déjà condamné pour détention de fichiers pédopornographiques, un Ottintois écrivait des histoires extrêmement glauques sur des abus d'enfants.
- Publié le 08-07-2025 à 16h30

En 2017, un habitant d'Ottignies a écopé de dix mois d'emprisonnement pour détention de fichiers pédopornographiques. Un sursis probatoire lui avait été accordé afin qu'il entame un suivi spécialisé. Mais en 2021, son ex-compagne l'a dénoncé à la police après avoir récupéré un disque dur censé contenir ses photos personnelles, mais où avaient été stockés des fichiers à nouveau illégaux.
Une visite domiciliaire a été menée et les enquêteurs ont saisi une tablette, un disque dur et le GSM du suspect. Sur la tablette, ils ont trouvé d'autres fichiers pédopornographiques. Et dans une application destinée à naviguer incognito sur internet, les traces des recherches effectuées par le quinquagénaire ne laissaient aucun doute sur la nature des images qu'il téléchargeait.
Les policiers ont aussi trouvé des textes que l'homme écrivait : il y imaginait des abus sexuels sur des enfants, des scènes violentes allant parfois jusqu'à la mort des victimes…
Dans son GSM, les enquêteurs ont trouvé des centaines de dessins de type animés japonais mais là aussi, ce qui était mis en scène concernait des abus, des jeunes servant d'objets sexuels à des adultes, des images avec des bébés… Tout cela était téléchargé sur le darknet, l'homme était bien au courant que même lorsqu'il s'agit de dessins et non de photos, posséder ce type de contenu est puni par la loi.
Se retrouvant à nouveau devant le tribunal correctionnel, l'homme n'a rien nié. Ayant commencé lorsqu'il était adolescent à écrire des histoires de science-fiction, il s'est mis ensuite au "pédo" pour décrire ses fantasmes, et faire vivre dans son imaginaire une projection de lui-même. Il a expliqué aux policiers qu'il se débarrassait de cette manière des images qu'il avait dans la tête, puisqu'il est effectivement attiré par les enfants. Il s'agissait d'une échappatoire et son but n'a jamais été de diffuser ses textes, mais bien de "décharger la noirceur" qu'il avait en lui.
Sur le banc des prévenus, le quinquagénaire a précisé que la thérapie suivie dans le cadre de la première condamnation l'avait fait réfléchir, mais n'avait pas modifié son comportement. "Si je n'écris pas, tout cela reste en moi, a-t-il expliqué. Je n'aurai plus de retenue, je ne saurai pas gérer. J'écris beaucoup. Je ne pense pas que ce sont les images qui donnent aux hommes des envies de violer des enfants : ceux qui ont ce genre de pensées, c'est déjà en eux."
"Je n'ai jamais vu un homme devenir meilleur en sortant de prison…"
Interpellé comme on le devine par ces déclarations, la présidente a demandé de manière directe à l'Ottintois s'il estimait être un danger pour les enfants qu'il croise. "Non, a-t-il répondu. Je pourrais commettre les pires atrocités, mais je ne l'ai pas fait. Des enfants, dans les bus, dans les chemins, il y en a partout. J'ai des images dans la tête mais je ne fais rien. Je mets une distance, je fais attention. Je me remets en question, même si je ne le dis pas. Mais je ne peux pas arrêter d'écrire."
Le ministère public a évoqué une "personnalité inquiétante", et la nécessité de rappeler à nouveau la loi au prévenu. La substitut a requis une peine ferme mais le conseil de la défense, lui, a plutôt plaidé pour une peine imposant à son client un suivi psychiatrique.
"C'est légitime qu'on s'inquiète, a convenu l'avocat. Mais il ne s'est rien passé depuis des années. Et je n'ai jamais vu un homme devenir meilleur en sortant de prison…"
Le jugement rendu le jeudi 19 juin prononce une peine de 20 mois de prison assortie d'un sursis imposant un suivi spécialisé à l'Ottintois. Qui écope d'une amende ferme de 8 000 euros, et il lui est interdit de participer à des activités avec des mineurs.