Nicolas Ullens écope de 12 ans ferme pour l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien à Lasne : "C'est psychologiquement dur", exprime-t-il
Au terme de quelques heures de débats et de délibération, le jury de la cour d'assises de Nivelles s'est mis d'accord sur la peine à infliger à Nicolas Ullens, l'assassin de Myriam Lechien, sa belle-mère, le 29 mars 2023 à Lasne.

- Publié le 04-11-2026 à 18h44
- Mis à jour le 04-11-2026 à 19h13
Le mois écoulé avant la reprise de la cour d'assises de Nivelles en cause de Nicolas Ullens (61 ans) n'a certainement rien arrangé à l'angoisse provoquée à un accusé lors du débat sur la peine. Ni à celle de ses proches, en a témoigné la fille de l'ex-agent de la Sûreté de l'État qui a tricoté une pelote de laine tout le long du réquisitoire de l'avocate générale Laure Wynands et de la plaidoirie Me Quentin Mayence, qui défend Nicolas Ullens de concert avec son père, Me Jean-Philippe Mayence.
Le 6 octobre dernier, soit le jour précis de son anniversaire de mariage, le sexagénaire a été reconnu coupable de l'assassinat de Myriam Lechien, sa belle-mère de 70 ans abattue de six balles, le 29 mars 2023 devant la villa qu'elle partageait avec le richissime baron Guy Ullens de Schooten à Lasne. "Prononcer une peine importante ne veut pas dire renoncer à l'humanité mais elle doit sanctionner à la hauteur du crime commis. Ici, on parle d'un assassinat. Celui qui se trouve devant vous ce mercredi n'est pas la victime, il est l'auteur. Celle qui a perdu la vie ne retrouvera jamais la liberté qui était la sienne", a rappelé l'avocate générale dans la matinée.
De la perpétuité à 12 ans
L'ancien comme le nouveau Code pénal prévoit une échelle de peine allant de 3 ans de prison à la réclusion à perpétuité, si aucune circonstance atténuante n'était retenue. "Ce n'est pas le cas ici, il y a des éléments : l'absence d'antécédent judiciaire, son âge, son insertion dans la société, le fait qu'il s'est rendu de lui-même aux autorités, qu'il regrette. J'ai pris tout cela en compte", poursuivait la magistrate debout, tandis que Nicolas Ullens se tamponnait les yeux avec un mouchoir.
"Toutefois il a continuellement contesté avoir prémédité son acte, ses regrets doivent être pris avec des pincettes. Les experts psy parlent d'un risque de récidive quasi nul. Ils nous décrivent un homme ni tout à fait dangereux ni tout à fait sûr. Il faut donc une réponse nuancée. Une peine ni de colère, ni de vengeance, une peine de justice. Je vous demande 25 ans", concluait-elle.

"Je vous aurais bien demandé dix ans de prison avec sursis, mais la loi ne le permet pas. Pour du sursis, il y a un maximum de 5 ans. Certes, nous sommes aux antipodes de ce que l'avocate générale a requis, mais je n'ai pas d'autres solutions. Si ça avait pu être quinze ans avec sursis, je vous l'aurais demandé, car je suis certain qu'on n'entendra plus jamais parler de Nicolas Ullens Je ne vous demande pas de faire une folie, ni quelque chose d'inédit", plaidait entre autres Me Quentin Mayence avant de lister les circonstances atténuantes.
"Le contexte, l'absence d'antécédent judiciaire, pas de risque de récidive, son comportement en détention préventive, il est digne de confiance. Cinq, les regrets constants et sincères. Six, ses qualités de père et de mari. Sept, sa prise de conscience immédiate après les faits. Retenez également le contexte émotionnel qui pousse un jour un homme à commettre des faits qu'il n'aurait jamais commis si ce contexte n'avait pas existé", résumait-il.
"En cas d'emprisonnement, les proches du condamné payent aussi un lourd tribut. L'humiliation de devoir expliquer l'absence d'un père. L'absence même, les longs déplacements, les longues files d'attente. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est inscrit dans l'art. 27 du Code pénal", rappelait encore Me Mayence fils en demandant une peine de 5 ans de prison avec sursis.
Après quelques heures de délibération, le verdict est tombé. Nicolas Ullens de Schooten écope de 12 ans de prison. Les jurés ont retenu plusieurs circonstances atténuantes. Ils ont notamment tenu compte des trois décennies de frustration vécues dans la relation avec son père, le baron Guy Ullens, le fait qu'il se soit rendu de lui-même après les faits, qu'il n'a pas une personnalité à régler ses conflits par la violence malgré un moment épisodique durant ses études (où il a frappé un professeur lors d'un examen, Ndlr), qu'il y a eu une prise de responsabilité après les faits et la situation socioprofessionnelle à l'époque.
Nicolas Ullens a déjà passé quasi trois ans en détention préventive. Concrètement, il pourrait se voir accorder une libération conditionnelle devant le tribunal d'application des peines (TAP) d'ici un an, les détenus belges étant libérables au tiers de leur peine. Cela ne veut pas dire que le TAP accédera forcément à ses demandes. Le condamné est reparti libre en attendant son billet d'écrou. "C'est psychologiquement dur, je ne préfère pas faire de déclarations intempestives ou qui pourraient blesser", a-t-il déclaré à l'issue de l'audience. "Je sais ce qu'est la prison, j'ai fait sept mois à la prison de Nivelles, je ne sais pas vous en dire plus", conclut-il.