Cyril, 13 ans, gardien de but au RCS Brainois, frappé par un grand-père en colère en plein match : il lui a fracturé la mâchoire !
Lors de la rencontre des U14 à Seraing, les esprits se sont échauffés. Un spectateur a fracturé la mâchoire du jeune Brainois.
- Publié le 24-01-2020 à 07h18
- Mis à jour le 24-01-2020 à 09h49

Lors de la rencontre des U14 à Seraing, les esprits se sont échauffés. Un spectateur a fracturé la mâchoire du jeune Brainois.
"Le football est un jeu, avant tout pour s'amuser. Des règles sont à respecter pour les joueurs mais aussi pour les spectateurs !"
Frédéric est amer. Son fils, Cyril, 13 ans, gardien de but au RCS Braine, se retrouve avec un os de la mâchoire fracturé ! La raison ? "Un grand-père qui ne sait pas se contrôler a frappé mon fils après l'avoir charrié durant plusieurs minutes alors qu'il se trouvait derrière son but !"
Une nouvelle dérive lors d'une rencontre de football donc, en l'occurrence ici lors d'un match interprovincial des U14 qui opposait, à Seraing, le club local au RCS Braine. "La rencontre a été un peu chahutée mais sans plus, explique Frédéric . L'arbitre laisse faire et ne sort pas de cartons. Selon certains échos, il ne les avait pas avec lui…"
Un penalty est sifflé en faveur de Seraing. Rien à redire. Ils marquent. "Mais alors que Cyril va chercher le ballon dans les filets, cinq-six joueurs adverses viennent le bousculer, quelques coups de pied sont même donnés dans l'agitation. Mon fils va directement auprès de l'arbitre qui lui dit ne rien avoir vu car il était de dos, regagnant le centre du terrain…"
Le match reprend. "C'est alors qu'un grand-père, se trouvant derrière le but de Cyril, s'énerve, invective mon fils et bouscule la barrière. À trois ou quatre reprises, Cyril lui demande de se calmer mais rien n'y fait. Excédé, Cyril va le trouver pour lui dire de ne plus l'importuner et c'est alors que le grand-père tente de lui donner un coup, que mon fils esquive."
Voyant cela, un parent de l'équipe de Braine arrive pour calmer les choses mais cela s'envenime. "Le grand-père va tenter également de frapper ce monsieur qui le maintient par les bras, sans recevoir de coups. Le fils de ce grand-père arrive comme une furie et frappe ce brave homme. Tout le monde se retrouve par terre puis se relève. Le grand-père arrive à s'extraire et donne une belle claque au niveau de la tempe de mon fils !"
D'après Frédéric, l'arbitre n'intervient pas et laisse le match se terminer. La police est appelée sur place par l'homme ayant reçu le coup. Des auditions sont réalisées et une fois rentré chez lui, vu la douleur, Cyril se rend à l'hôpital. Verdict : un os de la mâchoire fracturé ! "Pire, l'arbitre a refusé de faire un rapport sur cet incident. Il dit n'avoir rien vu !"
Si Frédéric ne comptait pas en faire écho, après réflexion, il dénonce ce fait de violence. "Mon fils a une fracture. Il manque une semaine d'école. Il ne peut plus jouer jusqu'à la fin du mois de février, tout cela à cause d'un énergumène. Alors, j'entends bien qu'on dit que mon fils n'avait pas à sortir du terrain pour aller trouver cette personne, mais bon, à force de se faire charrier… Il a peut-être eu une mauvaise réaction mais certainement pas un mauvais comportement !"
Quant aux frais, Frédéric a peu d'espoir. "Le club de Braine a rentré un rapport mais ce n'est pas considéré a priori comme un fait de match. L'assurance n'interviendra pas…"
Contacté, l'entraîneur de l'équipe brainoise confirme les propos de Frédéric, ajoutant que l'arbitre n'est sans doute pas de mauvaise foi mais qu'il s'est visiblement laissé dépasser par les événements. Il regrette de tels incidents pour un match sans enjeu. "Les jeunes des deux camps sont assurés de rester en interprovinciaux, souligne Philippe Nizot qui n'avait jamais vu ça en huit ans. Le seul enjeu qu'il peut y avoir, c'est de gagner le titre de champion. Mais on n'était clairement pas là pour ça, Seraing non plus. En attendant, le jeune mange à la paille et je suis privé de mon seul gardien pendant six semaines. "
"Dans ce cas-ci, la loi football ne s'applique pas"
Seul recours possible pour la victime : déposer plainte à la police.
Les mesures de sécurité qui doivent être prises lors de l'organisation de rencontres de football sont toutes spécifiées dans la loi football. En effet, divers arrêtés royaux et circulaires ministérielles sont publiés afin de mettre la loi en pratique.
D'ailleurs, selon cette loi, les stades doivent également disposer d'un règlement d'ordre intérieur. Elle contient les mesures de sécurité que les clubs doivent mettre en place lors de l'organisation de rencontres, et les articles 3 et 4 de la loi Football sont d'application lors de toutes les rencontres, quelle que soit la division, sauf pour les rencontres des dames et les rencontres de certaines catégories d'âge. "Et dans ce cas-ci, la loi Football ne s'applique pas étant donné que nous ne sommes pas en division 1 ou 2 mais en interprovincial. La personne en question ou le club peut donc déposer une plainte directement à la police", explique Thomas Gijs, chargé de communication de la direction sécurité et prévention dont dépend la cellule football.
Pour quelles sanctions ? "La personne en question peut être exclue ou punie temporairement selon les faits. Il peut vraiment y avoir diverses sanctions. De plus, l'Union Belge collecte les incidents mais c'est bien la police qui décidera des sanctions", précise-t-il.
*Photo d'illustration