"Le commerce de Wavre a encore de beaux jours devant lui"
La nouvelle présidente de l'Association des commerçants de Wavre croit encore dans le commerce de proximité.
- Publié le 23-10-2020 à 06h30

Il y a près de 40 ans que Bernadette Pierre a repris le Jeu de Dames, la célèbre mercerie dans la rue du Pont du Christ à Wavre. Et aujourd'hui, elle (re)devient présidente de l'Association des commerçants de Wavre (ACW), un poste qu'elle avait occupé il y a une quinzaine d'années. À 70 ans, la Wavrienne n'a toujours pas l'intention de raccrocher, malgré les vaines tentatives de son mari.
Les mauvaises langues diront qu'il aurait fallu amener de la jeunesse à la tête de l'association pour insuffler une nouvelle dynamique dans le centre-ville wavrien. L'ACW a opté pour une stratégie quelque peu différente. Car Bernadette Pierre sera entourée de Stéphanie Ghenne, présidente sortante et désignée vice-présidente pour assurer la transition, et de Laurence Bouserez, jeune commerçante propriétaire d'OOAK et qui vient tout juste d'inaugurer une seconde boutique.
"C'est un bon trio, on s'apprécie et on peut travailler dans la bonne direction, se réjouit la nouvelle présidente. En alliant expérience et jeunesse, c'est le pari gagnant. Il y a des choses qu'on ose dire quand on est en fin de carrière. Alors que quand on commence, on se retient davantage, par peur de représailles."
La situation du commerce wavrien, comme ailleurs, est délicate. Les derniers chiffres de l'Association du management centre-ville (AMCV), qui datent de 2020, montrent que la cité du Maca compte 18,6 % de cellules vides, contre 18,8 % à Nivelles et… Louvain-la-Neuve avec 3,1 %. Cela dit, plusieurs commerces, dont une librairie indépendante, une boucherie et un boulanger ont ouvert consécutivement ces dernières semaines et l'on peut s'en réjouir.
"Je crois encore dans le commerce de Wavre. Il faut donner un coup de pied dans la fourmilière et redorer l'image du centre-ville. Le commerce de Wavre a encore de beaux jours devant lui", conclut Bernadette Pierre.
"Des surfaces commerciales aux loyers trop élevés"
Parmi les priorités de la nouvelle équipe de l'Association des commerçants de Wavre, il y a la volonté de lutter contre les cellules vides qui entachent les rues du centre-ville depuis de trop nombreuses années. Cela passera par une sensibilisation des propriétaires de ces surfaces commerciales à l'abandon.
D'après une étude menée par l'ACW en 2018, une surface commerciale coûte en moyenne 300 euros/m² par an. Ce qui revient à près de 40.000 euros par an pour une surface de 125 m².
"Les propriétaires s'étonnent de ne pas trouver preneur. Ils craignent qu'en diminuant leur loyer, ça amènera des locataires peu fiables qui ne resteront pas. C'est tout le contraire ! Il faut leur faire comprendre que les loyers qu'ils demandent sont trop élevés et que s'ils diminuent leur prix, ils garderont leur locataire. On sait que le marché n'est pas porteur, ces surfaces ne valent plus ce qu'elles valaient autrefois", martèle Bernadette Pierre.
L'ACW entend par ailleurs remplir ces cellules vides avec des commerces temporaires (qu'on appelle aussi "pop-up stores") afin d'égayer les rues du centre-ville. Ces cellules pourraient être également investies par des artistes et créateurs.
Notons enfin que la Ville taxe davantage depuis cette année les immeubles inoccupés et/ou délabrés. Pour la troisième taxation, elle est passée de 180 à 240 euros par mètre courant de façade.