Nivelles: pour la ministre Linard, rien n'empêche la crèche vide depuis trois ans d'ouvrir… sans subside
Toujours pas de subside pour la crèche nivelloise vide depuis trois ans. Mais il est possible d'ouvrir une crèche sans subside, rappelle la ministre Linard.
- Publié le 20-01-2024 à 13h45

En 2020, le site de la brasserie Duvieusart, à Nivelles, rénové après 65 ans d'abandon, était inauguré. À côté de 53 appartements, une crèche de 18 places reste désespérément vide depuis lors, si ce n'est une occupation temporaire le temps de rénover une autre crèche nivelloise.
La crèche, aménagée en même temps que les appartements, était une charge d'urbanisme imposée au promoteur par la Ville de Nivelles. La crèche a été rétrocédée à la ville, puis au Centre de la petite enfance de Nivelles qui espéraient donc en faire une crèche active grâce aux subventions de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais le projet nivellois n'a pas été retenu lors du dernier plan Cigogne.
Voilà qui provoque l'incompréhension du député André Antoine. Celui-ci l'a dit à la ministre de l'Enfance de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard (Écolo): "Aujourd'hui, la crèche est totalement équipée et peut être fonctionnelle en quelques jours. Voilà qui rend la situation incompréhensible. Il ne manque que les puéricultrices. C'est en ce sens que la Ville de Nivelles a sollicité des subventions malheureusement refusées puisque vous y avez opposé les critères du Plan"Cigogne". La crèche n'a pu rouvrir ses portes en raison du taux de couverture dans la commune. Pourtant, à Nivelles, l'inscription d'un enfant sur deux est actuellement refusée. Pourquoi ? Parce qu'il y a un taux d'emploi très élevé à Nivelles, ce qui biaise complètement votre approche du Plan"Équilibre". Nous avons aujourd'hui une situation ubuesque à Nivelles: des familles qui recherchent désespérément une crèche et une crèche prête à l'emploi, mais sans personnel .
"Ouvrir une crèche sans subside n'est pas impossible
Pour la ministre LInard, rien n'empêche la crèche vide depuis trois ans d'ouvrir… sans subside. "Les programmations (NDLR: telles que le plan Cigogne) ne constituent pas l'unique voie pour créer un milieu d'accueil, a tenu à rappeler la ministre. Tout pouvoir organisateur souhaitant entamer une activité d'accueil peut en effet, à tout moment, solliciter une autorisation de l'ONE pour démarrer une activité sans subvention de celle-ci. Je ne peux qu'encourager les candidats à se lancer dans l'aventure et à entreprendre les démarches. Nous savons bien qu'en termes de financement, ce n'est pas la même chose, mais ce n'est pas impossible."
D'autres priorités
La ministre Linard a confirmé que d'autres projets avaient été prioritaires: "Je confirme que la stratégie de création de places d'accueil pour 2022-2026 accorde une forte priorité aux communes les moins bien desservies. Cette orientation n'est pas neuve. Nous avons, durant l'actuelle législature, réservé spécifiquement 1 757 places à 39 communes wallonnes prioritaires, selon une liste établie en considérant non seulement le taux de couverture, mais aussi le taux d'emploi féminin – élément non négligeable quand on sait que ce sont principalement les femmes qui portent encore la charge familiale –, le revenu moyen et le taux de monoparentalité. Cette stratégie permettra à certaines communes d'inaugurer leur premier milieu d'accueil."
Mais ne permettra donc pas à Nivelles, dont le taux de couverture est déjà relativement élevé – en tout cas, par rapport à d'autres communes –, d'ouvrir une crèche de plus.
Une réponse qui n'a pas satisfait le député Antoine: "La seule chose que l'on vous demande ici est de financer pour partie le salaire de quatre puéricultrices. Vous dites ne pas pouvoir le faire pour certaines raisons, mais celles-ci ne tiennent pas la route. Franchement, si l'ONE, avec les réserves dont elle dispose, n'est aujourd'hui pas capable de financer la rémunération de quatre puéricultrices, c'est de nature à décourager les meilleures volontés ! Votre réponse provoquera une réelle colère et une incompréhension totale à Nivelles. Votre attitude est totalement inexplicable !"