Tubize : il a peur d'une araignée et… met le feu !
Il voit une araignée dans le garage. Il craint qu'elle ne soit porteuse d'un venin mortel…
- Publié le 23-01-2024 à 08h25

On est le 31 août 2022 à Tubize. Plutôt qu'écraser l'araignée, Pierre (pseudo) D. craque une allumette dans un petit tas de déchets sous lequel le monstre a trouvé refuge. Il part au boulot. À son retour, un voisin le hèle et lui annonce que le feu n'est pas éteint. Un seau d'eau est déversé de manière préventive avant l'arrivée des pompiers auxquels appel a été lancé.
Pierre D. était cité à comparaître à l'audience correctionnelle nivelloise du 22 décembre dernier. Trois préventions ont été retenues contre lui, l'incendie volontaire (ou à tout le moins la tentative d'incendie), le vol d'un GSM et d'une carte d'identité, une scène de coups volontaires (le 19 août 2022). Ses explications pour l'incendie ? "Je n'étais pas bien à ce moment-là. L'alcool et des stupéfiants. Aujourd'hui, j'ai tout arrêté."
Même état pour les deux autres préventions qui concernent une compagne ou ex-compagne qui l'aurait tiré par le bras. Il lui fit un croche-pied qui l'envoya au sol. Avec les GSM/carte d'identité volés, il s'acheta des cigarettes et des vêtements.
L'enquête policière mit en évidence la peur que certains de ses voisins nourrissent à son égard, un comportement assez bizarre qui l'amène à se promener la nuit dans son jardin en tenant des propos incompréhensibles précisément pour ces voisins et un désordre qualifié de "majeur" dans le logement occupé.
Le parquet s'est souvenu de la médiation pénale qui aboutit en 2019 pour des coups portés à la même femme. Une expertise mit en évidence un comportement de type bipolaire ainsi qu'un trouble mental qui est sous contrôle mais avec risque de récidive toujours présent. Un suivi est indispensable.
Le parquet ne voit qu'une solution, l'internement que le tribunal a prononcé. Il n'avait pas été rejeté par l'avocate du prévenu. Elle fit observer que le psychiatre parle d'une récidive "théoriquement possible". Elle a expliqué à son client que le terme internement ne signifie pas ipso facto un enfermement puisqu'il peut être ambulatoire.