Peine de prison pour une employée de banque fort indélicate de Louvain-la-Neuve : "Je ne sais pas ce qui m'a pris"
Une employée de banque est une personne de confiance. Pour la société et pour les clients. Si elle est rompue, c'est le C4 et la correctionnelle.
- Publié le 30-01-2024 à 09h58
- Mis à jour le 30-01-2024 à 11h53

Voilà pourquoi Lucienne (pseudo) M., une Grézienne âgée de 61 ans, s'est retrouvée le 12 janvier dernier dans le prétoire nivellois pour cinq préventions générées par une série de faux commis dans une agence de Louvain-la-Neuve durant une période infractionnelle qui s'étend de 2013 à octobre 2019.
L'agence BNP Paribas Fortis mit du temps à réagir en licenciant l'intéressée puisque ce n'est qu'en 2020 qu'elle découvrit le pot aux roses: 16 faux et usages de fausses signatures au préjudice de 5 victimes, 44 transactions financières illicites d'un montant global de 6,5 millions d'euros (virements, versements, retraits en cash), un fait de blanchiment d'argent et des fraudes informatiques en veux-tu en voilà.
"Je ne sais pas ce qui m'a pris"
Lors de l'audience précitée, la prévenue ne fut guère loquace. "Je ne suis pas une mauvaise personne. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Ce n'était pas moi. Je n'avais pas un besoin d'argent particulier, mais j'ai aidé ma famille. J'ai été prise dans un engrenage."
Elle reconnut pratiquement toutes les préventions.
Ce qui est particulièrement dérangeant dans ce dossier, c'est que Lucienne M. commença ses malversations en janvier 2013 aux dépens d'un couple de personnes âgées et donc vulnérables, 83 ans pour le mari, 89 pour sa femme, qui avaient une confiance aveugle en elle et ne se rendirent compte de rien alors que leur compte venait d'être allégé de deux fois 30 000 €.
Pyramide de Ponzi
Autre exemple aussi désagréable, le cas d'un couple où l'un est atteint de démence profonde et l'autre a fini par décéder. Là, on parle de 38 000 €.
On grimpe dans les montants et on en arrive à la pyramide de Ponzi, une escroquerie qui consiste à mettre en place un système d'investissement (on vend un produit prétendument intéressant) pyramidal dans lequel la rémunération des premiers participants est assurée par les mises des nouveaux arrivants jusqu'à ce que le mécanisme s'effondre faute de nouveaux investisseurs.
Le mari d'une femme âgée de 55 ans décède, on règle les comptes et Lucienne, qui à l'occasion utilise le PC d'un collègue absent, va en quelque sorte profiter du désarroi de cette cliente pour soustraire 100 000 € de son compte épargne à son insu et les transférer sur un autre compte ouvert avec fausse signature et carte provisoire tout en effectuant une manœuvre propre à la banque, en l'occurrence une opposition qui n'est pas visible du détenteur présumé du compte. Cette somme servira à rétribuer d'autres clients de l'agence.
L'employée indélicate écope de deux ans de prison avec sursis, amende ferme de 1 600 € et confiscation de 100 000 €.