Attouchements : quinze mois de prison pour ce responsable d'une ASBL waterlootoise
En mai 2020, le responsable d'une ASBL waterlootoise a touché le sexe de deux jeunes garçons sous prétexte de leur expliquer la nature…
- Publié le 08-04-2024 à 09h00

Lors d'un trajet en voiture, la conversation chuchotée entre deux garçons nés en 2011 et 2012 a attiré l'attention des adultes qui les convoyaient. Il était question d'un secret, du stage qu'ils avaient effectué dans une ASBL waterlootoise au sortir du confinement, du pi des vaches, de lait et d'allusions pas vraiment de leur âge.
Les parents les ont fait parler: ils ont alors expliqué que lors de ce stage en mai 2020, ils étaient allés faire une promenade à vélo avec le responsable de l'association. Ils se sont arrêtés à proximité de vaches qui étaient en pâture et l'homme leur a expliqué la sexualité des animaux, avant de dévier sur la sexualité humaine.
Et durant quelques secondes, cinq selon un des cousins et dix selon l'autre, il leur a touché le sexe. Il leur aurait dit aussi qu'il ne fallait en parler à personne sinon, il pourrait avoir des ennuis.
Les enquêteurs ont mené une perquisition au domicile du suspect, un quinquagénaire qui avait déjà eu quelques soucis avec la justice pour des faits de mœurs. Il avait été acquitté pour les faits principaux, mais condamné pour détention de fichiers pédopornographiques. Le dossier entier est cependant parti vers la cour d'appel.
Quoi qu'il en soit, en perquisition, les policiers ont à nouveau trouvé un ordinateur contenant de nombreux fichiers où on voyait aussi bien des jeunes filles que de jeunes garçons dans des positions sexuelles explicites. Et l'historique des recherches montrait des quêtes bien ciblées sur Internet.
Complot
Interrogé par la police, l'homme s'est montré plutôt hautain, voire arrogant. Il a affirmé que l'ordinateur n'était pas à lui mais à son ASBL. Il a assuré qu'il n'en avait pas les codes. Et une fois mis au courant du contenu illégal du disque dur, il a prétendu qu'on avait sans doute mis l'appareil sur son bureau en sachant qu'il serait saisi, et qu'il s'agissait d'une machination contre lui.
À le suivre, les faits racontés par les jeunes garçons qu'il avait emmenés à vélo font également partie de complot ourdi à son encontre par plusieurs personnes influentes. Idem lorsque son ex-compagne, interrogée par la police, l'a décrit comme un "pédophile prédateur"…
"Je suis totalement innocent, a-t-il martelé sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel. Ce qu'on me reproche, c'est vraiment n'importe quoi !".
Et le prévenu de se lancer dans une attaque en règle à l'encontre des jeunes victimes, qui auraient tenu des propos déplacés lors du stage, qui se touchaient le sexe entre eux et ont sans doute raconté n'importe quoi par la suite. Alors que lui, ce jour-là, est resté strictement dans son rôle de pédagogue en expliquant la nature lorsque devant eux, deux vaches se sont chevauchées dans un pré. Il leur a expliqué que le pi n'était pas le zizi, qu'il contenait le lait, et utilisé un vocabulaire permettant à des enfants de leur âge de comprendre.
"On a une analyse de crédibilité du récit des victimes, réalisée par un expert, a objecté le ministère public. Les critères sont en nombre suffisant, il n'y a aucune raison de décrédibiliser la parole des enfants. Le prévenu est un manipulateur. Sur l'ordinateur dont il dit qu'il ne lui appartient pas, on a trouvé des fichiers à caractère pédopornographique mais aussi des photos de son sexe à lui, pris avec la caméra du PC. Nous avons devant nous une personne qui ne prend pas conscience des actes qu'elle pose, alors qu'elle comparait pour la deuxième fois pour des faits de mœurs."
Le jugement qui vient d'être rendu condamne le Waterlootois à 15 mois d'emprisonnement et le prive pour cinq ans de ses droits civils et politiques.