Violences conjugales, un carnaval de Nivelles pas du tout festif : "si tu appelles la police, je te tue"
Son client niera être l'auteur des coups. "Une dispute, oui, comme il y en a dans tous les couples" et son avocat plaidera l'acquittement. Entendu par le tribunal.
- Publié le 30-05-2024 à 17h00
- Mis à jour le 30-05-2024 à 17h40

D'évidence, la vie avec "Momo" est tout sauf un long fleuve tranquille. Ses compagnes successives ont été ou sont victimes de violences.
Une nouvelle preuve en a été donnée lors de l'audience correctionnelle de Nivelles du 5 avril dernier. Mohamed H., un Nivellois âgé de 28 ans, se retrouvait à nouveau sur le banc des accusés sous les préventions de menaces et de coups portés à Océane, sa compagne depuis trois mois, le 27 février 2023 en plein carnaval aclot.
Le frère de celle-ci arrive au domicile du couple. Il n'entretient pas les meilleures relations du monde avec lui et il évite la trottinette que l'autre a tenté de lui envoyer en guise d'accueil. Il constate l'état d'énervement peu banal de Momo et il appelle la police.
Celle-ci constate au visage d'Océane des rougeurs que le médecin, consulté le lendemain, confirmera par un certificat attestant d'un choc émotionnel encore présent, un hématome à la pommette avec possibilité de fracture et des ecchymoses sur diverses parties du corps.
La jeune femme dira n'avoir jamais vu son compagnon dans un tel état. Elle déclara l'avoir entendu hurler "Si tu appelles la police, je te tue", des dires qui entraîneront la prévention de menaces que le prévenu niera. La parole de l'un contre celle de l'autre. L'avocat Daniel Spreutels se contentera de faire observer l'absence de témoin au moment de ces (prétendues) menaces.
Son client niera également être l'auteur des coups. "Une dispute, oui, comme il y en a dans tous les couples". Il parlera d'une altercation qu'Océane avait eue la veille avec le père de son enfant qui aurait tenté de l'étrangler.
Un père auquel le tribunal avait interdit d'avoir le moindre contact avec son fils qu'il avait pourtant tenu sur ses épaules le jour du carnaval, aidé en cela par Momo qui, en l'occurrence, avait joué un rôle apaisant.
"Mon client se dit être victime d'une série d'injustices", avança son avocat qui plaida l'acquittement alors que la substitute du procureur du Roi, Barbara Renquet, venait de requérir quinze mois de prison ferme, outrée qu'elle était d'avoir constaté que la cour d'appel de Mons avait, en novembre 2022, transformé en 120 heures de travail la peine de quinze mois de prison ferme par laquelle le tribunal correctionnel de Charleroi avait sanctionné un autre fait de violences conjugales.
Le tribunal a suivi l'avocat, mais rien ne dit que la victoire est définitive car le parquet pourrait bien se pourvoir en appel.