Remaniement à l'Union des Villes et Communes wallonnes : le bourgmestre de Nivelles Pierre Huart prend la présidence
L'actuel président de l'Union des Villes et Communes de Wallonie doit laisser sa place à un successeur : c'est le Nivellois Pierre Huart qui fera le job pendant quelques mois. Il y a aussi du changement du côté de la vice-présidence.
- Publié le 02-07-2024 à 11h00

Un conseil d'administration se tient ce mardi à l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Il devrait officialiser le remplacement de Maxime Daye (MR), président sortant de l'UVCW et bourgmestre de Braine-le Comte, par un autre libéral : Pierre Huart, bourgmestre de Nivelles.
Maxime Daye a en effet prêté serment il y a une semaine en tant que député wallon. Or, les deux mandats sont incompatibles.
Notons que cette succession est temporaire. Les élections communales d'octobre vont en effet rebattre les cartes sur le terrain local. La nouvelle configuration politique se traduira donc par une redistribution des mandats aussi à ce niveau. Une assemblée générale doit se tenir en mars 2025. Le cadre sera alors définitif pour la durée de la nouvelle mandature.
Le vice-président Jean-Paul Bastin (Les Engagés), bourgmestre de Malmedy, est dans le même cas de figure que Maxime Daye : il a rejoint les rangs du Parlement wallon, il ne peut donc plus siéger au conseil d'administration de l'UVCW. Il sera remplacé par son collègue du même parti, Vincent Magnus, bourgmestre d'Arlon. Temporairement toujours.

Les deux autres vice-présidents, le bourgmestre de Tournai Paul-Olivier Delannois (PS) et le bourgmestre d'Amay Jean-Michel Javaux (Ecolo) restent en place jusqu'à nouvel ordre.
Stop aux transferts de charges
L'Union des Villes et Communes de Wallonie, qui fédère non seulement les villes et communes de Wallonie, mais aussi les CPAS, les zones de police et de secours, les intercommunales et les sociétés de logement de service public, a rencontré les "formateurs" wallons jeudi dernier (les présidents du MR Georges-Louis Bouchez et des Engagés Maxime Prévot).
Il faut des solutions urgentes sur les quatre dossiers qui étranglent les Communes
Lors de cette rencontre, les représentants de l'UVCW ont appelé à "des solutions urgentes" au moins sur quatre dossiers "qui étranglent les Communes : les pensions, la pauvreté, les pompiers et la police".
La liste des revendications est… consistante. Les Communes espèrent notamment que la Région fera front avec les pouvoirs locaux pour empêcher de nouveaux transferts de charges du fédéral vers le terrain communal (424 millions € en 2023).
Elles attendent aussi du nouveau gouvernement wallon un soutien pour le financement des zones de secours, de la transition énergétique, de la gestion des dépôts sauvages, etc.
Mais les demandes ne sont pas seulement d'ordre financier. Les pouvoirs locaux ont du mal à recruter et même à garder du personnel dans ses services et demandent une "réforme en profondeur de la fonction publique locale", réforme amorcée sous la précédente législature.
Cybersécurité, le "parent très pauvre"
D'autres refontes figurent également à l'ordre du jour des représentants des Communes : la réforme des Provinces "pour éviter les doublons et redistribuer des missions en évitant les effets collatéraux sur les communes", les synergies entre Communes et CPAS, la poursuite des fusions volontaires (qui n'ont pas connu un succès foudroyant ces dernières années), etc.
La cybersécurité, "parent, très pauvre actuellement, des communes et paralocaux", est aussi une préoccupation de tous les jours sur le terrain. L'UVCW est demandeuse d'une stratégie claire et ambitieuse à cet égard.
62% des citoyens font confiance à leur Communes, contre 19% pour les hommes politiques
Enfin, un coup de boost sur la simplification administrative et la digitalisation serait la bienvenue.
Soigner les élus locaux
Et s'il fallait encore convaincre les futurs gestionnaires wallons qu'ils ont tout intérêt à chouchouter les partenaires communaux, l'Union des Villes et Communes de Wallonie rappelle simplement les résultats du baromètre de l'Iweps, l'institut wallon de statistiques et de prospective : "62 % des citoyens font confiance à leur Commune, contre 19 % pour les hommes politiques, 35 % pour le gouvernement wallon, 39 % pour le gouvernement fédéral".
"Pour les missions assumées, pour la cohésion sociétale, la commune est un socle démocratique essentiel et partenaire des gouvernements", en conclut l'UVCW.