Walhain : le bistrot Maison, "un lieu de vie plus qu'un resto"
Aly et Éric ont ouvert leur bistrot à Perbais, dans le but de créer un lieu de rencontres. Avec un concept bien à eux…
- Publié le 15-07-2024 à 18h30

"C'est un lieu de vie, sauf que tu peux y manger et boire un verre. On n'est pas de grands cuisiniers, mais on surprend les clients avec un accueil bien particulier et une convivialité bien spécifique. On veut surtout que les gens passent un bon moment et discutent d'une table à l'autre", explique Éric. Avec Aly, ils viennent d'ouvrir "Maison", leur bistrot de quartier, dans la Grand-Rue de Perbais. Ils proposent une formule originale : un plat unique, décliné, fait avec des produits locaux, dans un cadre détendu et chaleureux.
Les débuts à bord d'un food-truck
Tout a commencé par… un coup dur. "J'étais secrétaire au Collège Saint-Guibert de Gembloux, le job alimentaire par excellence où je n'étais pas épanouie, raconte Aly. En 2019, ma collègue est décédée. Ça a été un électrochoc pour moi. Psychologiquement, je ne parvenais plus à retourner sur mon lieu de travail. Cette collègue me donnait beaucoup de confiance et me disait que j'avais autre chose dans les mains et dans la tête."
Après avoir rencontré Éric et laissé passé la crise sanitaire, la Guibertine d'origine a partagé son envie de s'orienter vers "la bouffe" avec son compagnon. De là est née "L'infirmerie", son food-truck qui a vite ravi les Walhinois et les clients des événements auxquels elle a participé. "C'était très chouette, jusqu'à l'approche de l'hiver. Je me suis rendu compte qu'il faisait trop froid que pour attirer les gens à l'extérieur. C'est là que l'idée d'ouvrir un restaurant m'est venue."
"La maison avait été construite par ses grands-parents"
Autre coïncidence, son nouveau lieu de vie. "La salle est accolée à notre maison, elles ne forment qu'un. Quand on l'a visitée, j'ai eu un énorme coup de cœur. Éric était un peu plus mitigé. J'en ai parlé à ma grand-mère. Elle m'a demandé le numéro de la rue et m'a appris… que c'est à cet endroit qu'elle avait grandi. Cette maison avait été construite dans les années 1900 par ses grands-parents. À l'époque, ils entreposaient des machines destinées à battre le grain des agriculteurs du coin. Il y a une vraie histoire dans ce bâtiment."
Aly et Éric souhaitent à nouveau réunir les agriculteurs du coin, les riverains et les curieux, mais à leur façon. "On veut absolument rester accessible à tout le monde. Je m'approvisionne auprès des producteurs locaux, que ce soit pour le pain, la viande et les légumes. Mais on ne pratique pas des prix exorbitants, pour permettre aux familles nombreuses, comme la nôtre, de pouvoir manger chez nous." D'autant plus que l'objectif est de permettre de passer un moment "entre potes", et non pas de jouer la carte de l'élégance et du chic.
En plus de raboter leurs marges, ils n'ont pas de loyer à payer, ni d'employé. Ils font tout eux-mêmes. De A à Z. "Il n'empêche que l'activité est difficilement rentable. Avec le food-truck, il nous arrive de faire jusqu'à 200 repas, mais on perd le contact avec le client. Dans notre bistrot, c'est l'inverse. C'est très compliqué financièrement, mais les rencontres sont géniales." Le couple ne sait toujours pas s'il pourra se verser un salaire pour les – très nombreuses – heures passées dans son établissement.
"Enchaîner les deux, c'est crevant"
Mais qu'est-ce qu'on peut manger dans le bistrot ? La carte n'est pas figée. Au contraire, même… "À l'ouverture, on a continué à préparer des burgers, parce que les gens y étaient habitués avec le food-truck et les appréciaient. Mais je ne veux pas rester enfermée dans cette dynamique. Depuis juillet, on est sur un menu d'inspiration mexicaine. Et on essaiera de changer régulièrement."
Le couple combine les activités de l'établissement perbaisien et le food-truck, avec lequel il continue à participer à de nombreux événements. "On combine les deux, par sécurité. L'ouverture du resto était excellente, on a reçu d'excellents retours des gens du coin. On voit qu'ils aiment passer un moment ici, en toute simplicité. Mais est-ce que c'est vivable sur le long terme ? Pour l'instant, on continue à participer aux événements, ce qui n'est pas désagréable : l'ambiance est festive, il y a de la bonne musique et les gens sont agréables. Mais enchaîner les deux est crevant. On fera le point à la fin de l'année…"