Chastre: le Blanmontois Michaël Grare sera-t-il bientôt homme le plus fort au monde ?
Michaël Grare participera au Natural Strongman World Championship en Irlande, ce 24 août. "Je vise un Top 10, un podium serait fantastique."
- Publié le 10-08-2024 à 14h00

Qualifié dans la zone nord-européenne, le Blanmontois de 30 ans Michaël Grare va s'envoler pour l'Irlande, avec l'ambition de devenir l'homme le plus fort au monde… au naturel. Dans la catégorie -105 kg, le quadruple champion de Belgique en haltérophilie espère accrocher un Top 10. "Un Top 10 serait bien, un Top 5 incroyable et un podium fantastique. La discipline s'est énormément professionnalisée, je dois être réaliste et reconnaître que ce sera difficile. Il y a des Australiens, des Britanniques et des États-Uniens, qui bénéficient d'un statut semi-professionnel. Cela devient compliqué…"
Le professeur de langue a décidé de se tourner vers une nouvelle fédération, créée il y a cinq ans. "Historiquement, il n'y avait pas de test antidopage, parce qu'il s'agissait de démonstrations et d'un divertissement pour le public plutôt qu'une vraie discipline sportive. Peu de participants le faisaient sans produit divers et variés. Un nouveau mouvement a vu le jour, sans substance. En Belgique, nous sommes nombreux à concourir naturellement, ce qui n'était pas du tout le cas en France. Les gens s'étonnaient même de ne pas utiliser de produits dopants."
"On insiste vraiment sur le côté naturel"
Dans les Natural Strongman World Championship, plus question de bénéficier de produits dopants. "Les tests sont même plus stricts que dans certaines compétitions professionnelles: détecteur de mensonge, test sanguin et d'urine. On insiste vraiment sur le côté naturel."
Ce qui a évidemment une grande importance, vu les huit épreuves, réparties sur deux jours, les 24 et 25 août. "On doit par exemple courir en soulevant tour à tour quatre troncs d'arbre, des faux troncs puisqu'ils sont en métal ce qui permet d'avoir des poignées, ces troncs pèsent 110, 120, 130 et 140 kg et il faut les hisser au-dessus de la tête. Une autre épreuve consiste à monter un escalier avec des charges de 190, 210 et 230 kg."
Bien évidemment tous les participants prennent ces défis au sérieux. Tout en gardant dans un coin de la tête qu'il s'agit d'une sorte de show.
"C'est très varié, alors que j'avais une petite lassitude en haltérophilie où, sans produits, j'avais atteint une sorte de plafond. Ici, lors de la première édition, un concurrent m'a prêté son matériel, parce que je n'étais pas équipé. C'est dire la convivialité. On participe à des foires et autres manifestations, dans le but d'amuser le public et de proposer une sorte de spectacle, avec un récit assuré par un speaker. On y met un peu de drame et d'émotion. Cela amuse énormément les gens."
La formule marche tellement bien que les performances sont maintenant filmées et les épreuves suivies un peu partout dans le monde.
Pour Michaël Grare, cette édition 2024 sera peut-être la dernière. "Je suis un peu en fin de carrière. J'ai plein d'autres projets. J'aimerais développer mon activité de coaching sportif. Je crois en mes chances, sinon je n'irais pas. J'ai un très bon niveau pour la Belgique ou même pour l'Europe. Mais après, ce sera dur. Je n'y consacre pas autant de temps que mes concurrents. C'est pour moi un beau point d'orgue après huit ans dans ce sport."