Connaissez-vous l'histoire de ces rues d'Orp-Jauche? Voici quelques anecdotes
Les rues d'Orp-Jauche portent souvent le nom d'anciens soldats, qui ont combattu lors des guerres mondiales. Une rebaptisation importante…
- Publié le 09-09-2024 à 14h00

Place du 11e Dragons français
Une coquille dans le nom de la place principale ? Même Google s'y perd, en écrivant "dragon", au singulier. "Il y a un mot sous-entendu,"régiment de", explique Christian Masson, professeur de français à la retraite et auteur du livre Nouvelle toponymie d'Orp, un village près de l'eau. C'est un régiment de dragons français, donc au pluriel. Ce sont les soldats (à cheval, qui combattaient à pied sous l'ancien régime), du deuxième bataillon du 11e de régiment de dragons portés, appartenant à la troisième division légère mécanique française, qui défendirent Maret et Orp-le-Grand, lors de la poussée allemande, les 12 et 13 mai 1940." Le nom est donc récent. "Avant, elle s'appelait la place du Marché aux porcs." Un des nombreux exemples de re-baptisation. "J'ai suggéré au bourgmestre d'ajouter l'ancien nom, sur chaque panneau, afin de conserver l'histoire des villages. Je ne suis pas contre les hommages aux anciens soldats, que je respecte énormément. Mais cela a fait disparaître la signification des lieux."
Rue Henri Grenier
Avant de rendre hommage à cet ancien soldat, la voirie portait le nom de rue du Vieux moulin. "Quand on la prolonge vers Jauche, elle devient rue de la Marne. Car il y avait des marnières, destinées à extraire de la marne, qui servait à fabriquer de la chaux."
Rue du Chaufour
Le nom fait également référence à la chaux. "En wallon, c'était le four à chaux. Cette chaux était utilisée depuis longtemps des agriculteurs, pour améliorer les propriétés de la terre. C'était l'engrais de l'époque. La chaux était calcinée, à des températures très élevées. Il existe encore la trace à Orp…", précise Christian Masson.
Rue de Fontigny
La rue d'Orp-le-Petit se situe dans le quartier de la vallée et mène au lieu-dit "Fontigny". "Cela vient du latin"fontana", la fontaine. C'est un endroit où l'eau sort de terre, ce qui se caractérise par la présence de marécages. Toute la rue porte ce nom, mais c'est une erreur à mon sens. Le haut de la rue, d'après mes recherches toponymiques, devrait s'appeler la rue de Par-dessus les Prés. Car quand on est sur les hauteurs de la rue, on voit bien les prés en contrebas."
Rue de Biamont
Dans les quelques noms d'origine, le wallon est bien présent. "Biamont, signifie en français le"beau""mont". Cette rue se trouve à Orp-le-Petit, le long du ry Henri Fontaine. En fait, il y a une élévation de terrain et les riverains, qui vivaient sur les hauteurs, ont estimé que ce paysage, avec une vue aérienne sur le ry, était esthétiquement beau."
Rue du Crécou
Cette voirie a conservé toute sa part de mystère. "Malgré toutes les recherches effectuées, c'est un terme qui reste sans explication."
Rue Sainte-Adèle
Une référence religieuse a été conservée au moment de rebaptiser les voiries. "Cette rue, qui porte le nom d'une sainte, part du centre du village et se dirige vers Marilles. Elle mène à la chapelle Sainte-Adèle, qui était patronne de la commune d'Orp, au Moyen âge. Cette religieuse, née entre 620 et 650, serait venue de Nivelles pour bâtir l'église d'Orp. Et elle était invoquée pour la guérison des yeux. Un pèlerinage était d'ailleurs organisé annuellement, à l'époque. Mais ce n'est plus le cas", résume le professeur de français.
Rue Sainte-Barbe
La référence à la patronne des mineurs, artilleurs et pompiers est relativement récente. "Auparavant, c'était la rue du Cimetière. Sauf que lors de la fusion des communes, il y avait déjà une rue du cimetière dans un autre village. J'ai même poussé les recherches un peu plus loin, poursuit Christian Masson. Car ce cimetière de Noduwez n'existe que depuis le 19e siècle. Il s'avère qu'avant la création de l'espace funéraire, cette voirie s'appelait le chemin de la Vigne. On a cultivé des vignes sur ce coteau."