Une chute vertigineuse : en quatre élections, le MR a perdu 30 points et le mayorat à Wavre
Une dégringolade aujourd'hui fatale. La chute du MR à Wavre a duré dix-huit ans. Parfois dans le déni, les libéraux sont passés de 61,7% en 2006 à 31,3% aujourd'hui. Explications.
- Publié le 17-10-2024 à 12h30

Ultra-dominant le 8 octobre 2006, le MR a perdu 30% en quatre élections. Une dégringolade aujourd'hui fatale. La chute du MR à Wavre a duré dix-huit ans. Parfois dans le déni, les libéraux sont passés de 61,7% en 2006 à 31,3% aujourd'hui. Rétroactes d'une chute vertigineuse.
1. Un succès historique en 2006. En 2006, Charles Michel, à qui la succession de Charles Aubecq était promise, ne déçoit pas: il obtient 7 172 voix de préférence. Ensemble, Écolo, le cdH et le PS récoltent 7 292 voix. 120 de plus que Charles Michel seul. Avec 61,7%, la Liste du Bourgmestre obtient 22 des 31 sièges que comptait le conseil communal de Wavre. Tout va bien. Wavre est le phare bleu du Brabant wallon.
2. Charles Michel sanctionné en 2012. Six ans plus tard, au terme du premier mandat de Charles Michel, c'est déjà moins brillant. Le bourgmestre, ministre de 2007 à 2011, est sanctionné pour avoir passé plus de temps à Bruxelles qu'à Wavre. Sa Liste du Bourgmestre recule assez nettement. Mais même la perte de plus de 6% ne met pas la majorité absolue libérale en péril. Avec 55,1%, le MR compte toujours 20 élus sur 31.
3. Charles Michel ne se représente pas: la majorité absolue sous respirateur artificiel. En 2018, Charles Michel, qui est alors Premier ministre, n'est pas candidat aux élections. Françoise Pigeolet – qui a été bourgmestre faisant fonction pendant sept des douze années de mayorat de Charles Michel – est tête de liste. Une nouvelle chute importante l'attend avec la perte de près de 15%. La Liste du Bourgmestre obtient 40,6%. Mais, par un miracle nommé clé Imperiali, la liste obtient malgré tout la majorité absolue en termes de sièges (16 sur 31). Le MR a senti le vent du boulet et dit avoir compris le message de l'électeur: il invite le PS – pourtant pas vraiment le vainqueur des élections – à venir gonfler cette "majorité artificielle".
4. La dégringolade n'en finit pas. Le plus dur, ce n'est pas la chute… C'est l'atterrissage. La Liste du Bourgmestre est maintenant menée par Anne Masson, qui a pris la tête de la commune il y a deux ans, lors de la démission de Françoise Pigeolet. Le recul est à nouveau net, avec la perte de plus de 9%. Le MR reste le 1er parti de la Ville pour à trois petites voix, lui qui récoltait plus de six voix sur 10, il y a moins de 20 ans. Par contre, la majorité absolue est, cette fois, très lointaine. La LB comptera 12 sièges sur 33. Dans l'opposition.