Condamné à Nivelles pour viols, acquitté à Bruxelles
Un beau-père présumé pédophile a bénéficié du doute. Le premier juge lui avait collé 5 ans de prison ferme.
- Publié le 27-10-2024 à 18h30

La cour d'appel de Bruxelles a considéré vendredi qu'un Brabançon, détenu depuis un an et demi, devait bénéficier d'un doute raisonnable. Il était poursuivi pour des viols sur la fille de sa compagne, âgée de 14 ans pendant la période infractionnelle. Ce prévenu a contesté toute culpabilité avec force, depuis son arrestation en juin 2023. Pourtant, le tribunal correctionnel du Brabant wallon l'avait condamné à 5 ans de détention ferme et à verser un lourd tribut à la plaignante.
Une première alerte avait été donnée en octobre 2022, lorsque l'adolescente s'était rendue avec sa mère et une éducatrice dans un centre de soins spécialisé pour les victimes de violences sexuelles. La police avait été informée de ces éléments. Mais il n'y eut pas de suite. Quelques mois plus tard, le père de la jeune fille fut appelé par le directeur de l'internat où elle était placée. L'enfant le considérait comme son confident et elle avait porté de graves accusations contre son beau-père. Le père venait de la remettre à sa mère. Celle-ci a refait sa vie avec le prévenu, père d'un enfant d'un premier lit. Et le nouveau couple avait donné naissance depuis peu à un bébé. Le père de la plaignante a juré le jour de l'entretien avec la direction qu'il ne confierait plus sa fille à son ex.
À bien l'entendre, la victime présumée avait déjà subi un viol complet en juin 2022. Dans son audition vidéo-filmée, elle a révélé des faits atroces. Deux experts ont accordé beaucoup de crédibilité à cette déclaration, estimant qu'elle était lucide et bien équilibrée. Comme déjà dit, le prévenu contestait tout et affirmait qu'elle avait déjà eu plusieurs petits amis, au point même qu'à deux reprises, elle avait cru être enceinte. Ce qu'elle a contesté.
L'ouvrier du bâtiment avait souligné les grandes manipulations dont sa belle-fille était capable. Elle n'aurait jamais eu d'autre dessein que provoquer la destruction du couple. Sa mère lui attribuait beaucoup de bonne foi mais fermait les yeux. Elle avait confirmé que sa fille souhaitait le départ de son beau-père. Par conséquent, la cour d'appel de Bruxelles a estimé, comme l'avocat de la défense, Me Pierre Deutsch, qu'un doute raisonnable devait profiter au trentenaire, qui a été acquitté.