François Lavency reconnu coupable de meurtre
Ce mardi 29 octobre, la cour d'assises a écarté le trouble mental allégué par la défense et déclaré François Lavency coupable du meurtre de Christine Francis.
- Publié le 30-10-2024 à 09h30

Entrés en délibération mardi peu avant 13 h, les jurés de la cour d'assises du Brabant wallon ont rendu en soirée leur verdict sur la culpabilité de François Lavency.
Alors que lundi soir et mardi matin encore, la défense s'était battue pour que l'accusé échappe à une peine (lire ci-dessous) et que son internement soit ordonné en raison d'un potentiel trouble mental, cette vision du dossier a été écartée dans l'arrêt rendu en soirée.
Tout comme la préméditation, qui avait été requise par l'avocate générale. Depuis mardi soir, François Lavency est dès lors reconnu coupable de meurtre, ainsi que du vol de la bourse et des clés de la victime, une fois son crime commis.
La peine qui lui sera infligée fera l'objet de débats et d'une délibération ce mercredi.
Le long arrêt rendu après 19h détaille d'abord les circonstances de la découverte du corps de Christine Francis, le 4 mai 2022 en soirée dans sa maison de la rue Demi-Lune, à Mont-Saint-Guibert. Il évoque aussi les aveux rapides de l'accusé, puis le fait qu'il est revenu sur ses déclarations initiales pour accuser, durant plusieurs mois, un des petits-fils de la victime.
Ce n'est qu'au premier jour du procès devant la cour d'assises que François Lavency a indiqué clairement qu'il était seul sur place avec la sexagénaire et que ce sont bien les coups qu'il a portés qui l'ont tuée.
Les jurés ont répondu "oui" à la question portant sur le meurtre, et l'arrêt rappelle que l'accusé, juste après les faits, a raconté à un groupe croisé près du Spar de Mont-Saint-Guibert qu'il venait de tuer quelqu'un. Des confidences répétées quelques minutes plus tard par François Lavency à son dealer, avec qui il avait rendez-vous.
Ensuite, c'est à une dame – qui a enregistré leur conversation – qu'il a expliqué avoir porté des coups de couteau à une personne, sans vouloir donner l'identité de celle-ci. L'interlocutrice ne l'a pas vraiment cru, mais elle lui a tout de même suggéré d'appeler les secours s'il avait vraiment fait cela. Mais l'accusé s'est gardé de suivre ce conseil…
L'arrêt évoque ensuite "l'extrême violence" des faits, et parle d'un "acharnement" de François Lavency envers la victime: multiplicité des coups violents portés dans des régions létales, étranglement de plus de 30 secondes, coups de pied et de poing à la tête, utilisation d'une saucière en étain puis d'un couteau…
La décision de la cour rappelle que la victime s'est littéralement vidée de son sang et que l'accusé l'a abandonnée à son triste sort alors qu'elle le suppliait de ne pas le faire.
Il a quitté les lieux en fermant à clé la porte d'entrée, puis a jeté les clés dans une haie. Ce qui, pour les jurés, montre qu'il ne voulait pas laisser la moindre chance à Christine Francis.
Si la préméditation n'a finalement pas été retenue mardi soir, c'est parce qu'un doute raisonnable subsiste, malgré certains éléments interpellants comme l'utilisation d'un gant par l'accusé. Les jurés ont eu égard à la "personnalité impulsive" de François Lavency, estimant qu'ils ne pouvaient pas dire avec certitude que celui-ci avait prévu ce qui s'est passé le 4 mai 2022 dans la maison de la rue Demi-Lune.
Quant à l'existence d'un trouble mental qui aurait rendu l'accusé incapable du contrôle de ses actes, les jurés se réfèrent aux conclusions de l'expertise du psychiatre et du psychologue qui ont examiné Lavency, d'ailleurs corroborées par le psychiatre qui suivait le jeune homme depuis 2018. Tous trois ont exclu l'existence d'un tel trouble, et l'arrêt estime que la défense n'a pas amené d'éléments déterminants permettant de les contredire.