PassPass, une billetterie en ligne 100% belge : "on accompagne entre 30 et 40 événements par mois"
Alors qu'ils étaient encore étudiants à l'UCLouvain, Jean d'Huart et ses deux compères ont créé PassPass.be, devenu une SARL en avril dernier.
- Publié le 02-12-2024 à 18h00
- Mis à jour le 06-12-2024 à 21h24

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à 21 ans, Jean d'Huart a de la suite dans les idées. Avec deux amis, Timour Petit et Liory Prud'homme, il a créé PassPass.be, une billetterie en ligne. "Le projet a commencé sur les bancs de l'école. Il y a cinq ans, j'étais pré-vendeur pour des soirées estudiantines, je touchais une commission sur les tickets vendus, raconte-il. Ce n'était pas toujours évident de retrouver des inconnus sur un parking, d'autant que je suis plutôt introverti à la base. Alors je me suis dit: "Pourquoi ne pas créer une plateforme en ligne ?". J'ai commencé à travailler en tant qu'indépendant dès ma première année de bachelier: je devais déjà intégrer des billetteries en ligne pour des clients, et j'avais déjà un petit portfolio. J'avais le projet mais pas les ressources. Et puis, l'an passé, en troisième bac, je me suis entouré de quelques amis à qui j'ai proposé de créer une billetterie en ligne."
Les trois jeunes, en formation en e-Business à l'EPHEC, en font leur projet de fin d'études.
"On est tous autodidactes et on a des profils complémentaires. Timour a fait l'École 19 (NDRL: la version bruxelloise de l'École 42 française, fondée par le milliardaire Xavier Niel) , c'est le geek par excellence. Il s'est occupé du développement technique. Henri et moi apportons plutôt le côté créatif."
Le trinôme développe son projet entre septembre 2023 et janvier 2024, un peu frustré par les moyens limités dont il dispose: "On voulait travailler sur des technologies plus poussées que ce que les professeurs nous proposaient. Ils nous demandaient d'être investis à 100%, mais on était à 10 000% ! On a travaillé facilement entre 70 et 80 heures par semaine pour monter le projet."
Un "petit" événement pour commencer
Et puis, en janvier, ils passent devant le jury: "Les profs étaient assez épatés. On avait déjà l'idée de passer en SARL. " Restait à trouver un événement pour se lancer, et surtout "une société qui fasse confiance à trois jeunes de 21 ans. On se disait: "On va chercher un petit événement pour commencer", puis on a été approché pour un événement à plus de… 40 000 €, avec des tickets à 800 €! C'était Chemin 28, qui organise des séminaires pour des leaders d'entreprises. On a couru chez notre comptable et chez le notaire. On a beaucoup travaillé pour que ça corresponde à ce que les organisateurs voulaient, et ils font encore appel à nous aujourd'hui. C'était un fameux coup de boost pour lancer PassPass !"
Depuis, deux nouveaux venus, Martin André et Henri Lobeau, sont venus renforcer les rangs. Car il y a du boulot et "pas mal de choses à mettre en place pour concurrencer les grosses plateformes qui existent depuis plus de dix ans". Et aujourd'hui, la plateforme propose des billetteries pour des fêtes estudiantines, des conférences, des séminaires, etc.
Une vision "de jeunes"
La force de PassPass ? "C'est une plateforme belge: on est apte à développer des procédures sur mesure, comme des choix d'ateliers. La billetterie se restreint à la Belgique pour favoriser la relation client. Quelqu'un de l'équipe accompagne systématiquement le client pour les projets "sur mesure". Et puis, on apporte une vision "de jeunes", avec des nouvelles technologies et un aspect très esthétique. Pour le moment, l'optique n'est pas tant de se payer, mais plutôt de réinvestir dans notre projet, auquel on tient énormément."
La petite équipe a déjà des idées bien précises pour la suite: "On accompagne entre 30 et 40 événements par mois, mais on doit encore se développer. La stratégie est d'avancer niche par niche: en créer une première pour les activités estudiantines, puis pour le culturel, et ainsi de suite. L'idée est aussi de créer une sorte de "Quefaire.be", mais en plus abouti, de donner plus de visibilité aux organisateurs d'événements et de devenir une référence en Belgique."