Écolo accuse la majorité d'avoir noirci le tableau sur les finances communales d'Ottignies-Louvain-la-Neuve : "Le déficit était largement surestimé"
Le compte 2025 a divisé Impulsion C (majorité) et Écolo (opposition) lors du dernier conseil communal.
- Publié le 20-05-2026 à 12h00

Fait rare à Ottignies-Louvain-la-Neuve: le compte communal 2025 n'a pas été approuvé à l'unanimité lundi soir lors du conseil communal. Écolo et Kayoux, dans l'opposition, se sont abstenus tandis que le PS l'a approuvé de même que la majorité Impulsion C (MR-Les Engagés).
Pour l'ancien échevin des Finances Philippe Delvaux, l'abstention du groupe Écolo ne remet pas en cause la sincérité des chiffres, mais selon lui, il aurait été possible d'enrôler la taxe bureau pour l'exercice 2025 au cours de cette même année et non courant 2026.
Cela représente quelque 700 000 € de recettes, ce qui aurait permis d'avoir un compte 2025 en boni de quelque 430 000 € et non en déficit de 270 000 €.
"Ce décalage dans le temps n'est pas anodin pour les finances communales, a-t-il soutenu. La trésorerie de la Ville aurait pu être financée par cette recette. Entre-temps, les parents ont, eux, payé l'augmentation des frais scolaires, les habitants ont payé leur taxe poubelle revue à la hausse, les associations et les acteurs culturels et sportifs ont vu leurs subsides se réduire."
Une présentation "alarmiste"
Philippe Delvaux a également estimé que la nouvelle majorité a "présenté un budget 2025 poussé au maximum du pessimisme afin de pouvoir revendiquer ensuite une amélioration et dénigrer la gestion financière de la majorité précédente".
Ce budget, réalisé par l'administration à politiques constantes, affichait un déficit de 5,9 millions €. "Ce déficit était largement surestimé avec des dépenses budgétées de manière excessive. En martelant ce chiffre, votre récit a été alarmiste. Vous avez présenté le compte 2024 de manière biaisée aussi en pointant le déficit de 806 000 €, tout en sachant que différentes taxes de l'exercice 2024 allaient être perçues en 2025."
Au final, s'il a reconnu que les finances communales étaient sous pression et que des mesures sont nécessaires,"la situation budgétaire laissée par la dernière majorité (NDLR: Écolo, Les Engagés, PS) n'était ni catastrophique ni hors de contrôle."
L'échevine des Voiries et du Personnel Nancy Schroeders a répliqué qu'aucune dépense n'était surévaluée volontairement pour pouvoir dire qu'un effort a été réalisé. "Le budget est fait au plus juste. Celui-ci doit prévoir l'ensemble des dépenses. Et prévoir, c'est prévoir assez, donc pour chaque article budgétaire, il y a une petite marge pour être sûr de pouvoir assurer la gestion journalière, même si globalement, on sait qu'on ne dépensera pas 100% du budget. En outre, des économies doivent pouvoir être réalisées en cours d'année."
"Qui est dans la dramatisation ?"
Elle a également pointé ce qu'elle considère comme une contradiction dans le discours de l'écologiste. "Vous parlez de dramatisation budgétaire et ensuite vous qualifiez nos décisions de catastrophiques sur le plan social. N'est-ce pas de la dramatisation ?"
L'échevin des Finances Cédric du Monceau a, lui, redit que ce budget 2025, à politiques constantes, amenait à un déficit de 5,9 millions €, ce qui imposait des mesures correctrices. "Alors soit on augmente les taxes, soit on diminue les recettes, soit on fait un mélange des deux, ce qu'on a fait, tout en ne touchant ni à l'impôt des personnes physiques, ni au précompte immobilier. Mais j'entends que vos choix auraient été différents."
L'échevin a insisté sur le fait que la Ville présentait une dette de quelque 47 millions €: "C'est astronomique, d'autant plus avec une trésorerie de 23 millions €. Alors il ne faut pas financer tous les investissements sur fonds propres, mais nous devons arriver à dégager des bonis pour limiter le recours à l'emprunt, d'autant plus que la charge de la dette grève déjà 9% du budget ordinaire."
"C'est quoi cette histoire !"
Au terme des échanges, Hadelin de Beer (Écolo) a constaté avoir assisté à la production de deux discours différents sur l'état des finances communales. "Face à ces deux discours, le citoyen doit se dire, c'est quoi cette histoire ! Je propose qu'on se cotise tous pour demander à un expert quel est le discours le plus proche de la réalité. Mais cela n'enlève en rien que vous avez fait des efforts pour réduire le déficit. J'approuve la démarche mais je n'aurais pas fait les mêmes choix. De plus, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de déficit qu'il ne faut pas faire un effort de gestion."