Plurielles, une exposition pour célébrer les corps féminins affranchis des normes à Louvain-la-Neuve
Quelque 35 artistes femmes invitent le public à interroger les normes qui façonnent encore et toujours le regard porté sur les femmes.
- Publié le 01-06-2026 à 15h00

Poils, rides, ventres ronds, corps anguleux… Au Forum des Halles, à Louvain-la-Neuve, l'exposition Plurielles revendique une représentation des corps féminins loin des injonctions sociétales et célèbre leur diversité.
Jusqu'au 19 juin, une trentaine d'artistes féminines, âgées de 20 à 73 ans, invitent le public à interroger les normes qui continuent de façonner le regard porté sur les femmes.
L'exposition mêle peintures, photographies, dessins, sculptures autour d'une même question: qu'est-ce que la beauté, et pourquoi cette notion continue-t-elle à peser d'abord sur les femmes ?
Le parcours alterne des œuvres intimistes, poétiques et créations plus frontalement engagées.
La photographe Estelle Melin propose ainsi une série de portraits de femmes assumant leur pilosité. Une démarche qui vise, explique-t-elle sur le cartel, à "habituer notre regard à voir des femmes avec ou sans poils, sans préjugés. Car aujourd'hui, on en a presque oublié que la pilosité, c'est juste normal et que ce n'est certainement pas l'antithèse de la féminité."
Cette remise en cause des standards imposés constitue le fil rouge de l'exposition. Plusieurs artistes évoquent la pression sociale exercée sur les corps féminins, sommés de rester jeunes, minces et lisses.
Dans une photo en noir et blanc montrant deux femmes âgées resplendissantes et s'enlaçant, Sophia Berrada célèbre au contraire les corps marqués par le temps. Le texte qui accompagne l'œuvre évoque "des corps qui ont vécu. Qui ont porté, traversé, survécu. Des corps striés par le temps, sculptés par les saisons, marqués par l'amour et les deuils. Ces corps-là, on nous apprend à les effacer. Chaque ride lissée, chaque ventre rentré, chaque cicatrice dissimulée est un acte de soumission à une norme qui n'a jamais été la nôtre."
La femme parfaite ?
Leila Salvagnini détourne quant à elle L'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci dans un dessin au crayon sur papier kraft. L'artiste donne au passage une définition de la femme parfaite: "invention capitaliste et patriarcale pour rendre les femmes mal dans leur corps et pouvoir mieux les dominer".
L'exposition se conclut face à un miroir portant cette inscription: "Ceci est une œuvre d'art". Une manière de renvoyer chaque visiteur à son propre regard sur le corps et la beauté. Et comme le dit Anne Falier, autre artiste de l'exposition:"Je suis moi et c'est très bien comme ça !"