Violents orages dans le BW : "Mon hangar a été couché par une mini-tornade", témoigne l'agriculteur qui avait offert 120 tonnes de pommes de terre
Un mois et demi après avoir offert 120 tonnes de pommes de terre, Bruno Warnant a vu sa ferme de Gentinnes être dévastée par les orages de ce week-end.
- Publié le 01-06-2026 à 15h18

"Les fenêtres de ma maison ont tremblé. Il y a d'abord eu de gros orages vers 22 h, avec de fortes pluies et des bourrasques. Ça s'est encore accentué vers 23 h. C'était une mini-tornade, un épisode foudroyant. Grâce aux éclairs, je pouvais voir ce qui se passait à l'extérieur. À un moment, j'ai vu que le cerisier d'en face était coupé en deux. Il ne reste plus que le tronc dans le béton. J'ai tourné la tête mais je n'ai pas vu le hangar. En me penchant, j'ai compris qu'il s'était couché, pris par la tornade."
"Je n'ai jamais connu ça de ma vie"
Le récit de Bruno Warnant fait froid dans le dos. L'agriculteur de Gentinnes a été lourdement touché par l'orage de ce week-end. "À l'intérieur du hangar, il y avait mes machines : l'arrache pommes de terre, le semoir à céréales. À l'arrière, les clôtures du terrain de tennis ont été arrachées. Je n'ai jamais connu ça de ma vie. Ce n'était pas vraiment la pluie, mais bien le vent qui a tout emporté. Pour coucher le hangar, il fallait une sacrée intensité. Un peu plus loin, un arbre est tombé sur la rue. En contrebas, un autre arbre s'est écrasé sur une maison."
Ce lundi, il attendait le passage de l'expert. "On ne saura pas redresser le hangar, l'assurance doit d'abord passer, avant l'évacuation de l'Eternit et de l'amiante. On devra aussi retirer les poutres, puis évaluer le dégât au niveau des machines. Mais des spécialistes doivent venir tout démonter. On ne sait rien faire pour l'instant…"
Dans ses champs, les intempéries n'ont pas épargné les cultures. "En ce qui concerne les betteraves, ça dépend des endroits. Il y a des terres dévastées ou des feuilles trouées. Le froment, lui, est resté droit, mais une partie de l'épeautre est couchée. Peut-être qu'il parviendra à se redresser, mais il ne faudrait pas de nouveaux orages. C'est la grêle qui a causé tous ces dégâts."
Le pire dans tout ça, c'est que le bilan aurait pu être nettement plus lourd encore. "J'essaie de relativiser et de prendre tout ça avec philosophie, parce qu'il n'y a pas eu de blessé. Mais la fête du village s'organise dans ma ferme dans six semaines. Imaginez si mon hangar s'était couché à ce moment-là. Du matériel aurait également pu s'envoler et faire des blessés."
Le sort semble s'acharner sur Bruno Warnant, qui avait déjà été victime de la chute des prix de la pomme de terre. À la mi-avril, il avait d'ailleurs offert pas moins de 120 tonnes de patates à la population. Les riverains en avaient bien profité. "Pas mal de voisins sont venus après l'orage de samedi soir pour proposer leur aide et tout déblayer. Mais tant qu'il y a de l'amiante, on ne peut rien toucher. Quand ce sera fait, il y aura du pain sur la planche car il faudra tout retirer. La fête ne se déroulera pas dans le hangar, mais on installera probablement un chapiteau."
L'amour du métier
Un peu de baume au cœur de cet agriculteur, quelque peu désemparé." Abandonner le métier ? Mais non, parce qu'il y a l'amour de la ferme. Cela fait 35 ans que je suis dedans. C'est une passion, l'agriculture. Les aléas nous marquent, évidemment. Nous avons été choqués par la force de cette tornade, mais on travaille avec la nature. On ne sait rien faire."
Que ce soit à Gentinnes ou dans les autres villages de Chastre, une petite partie de la population a encore passé sa journée à retirer la boue qui s'est infiltrée dans les maisons. La protection civile et les ouvriers communaux étaient d'ailleurs présents pour donner un coup de main. Que ce soit à Villeroux, notamment à côté de l'église où la Houssière a débordé et les coulées de boue ont pris en étaux certains habitants, ou dans la rue du Piroy, où la voirie était brunie par la boue séchée, les dégâts étaient quand même moins importants qu'en 2021. Il n'empêche que tout le monde craint la loi des séries. En 2021, ce sont plusieurs orages consécutifs qui ont marqué les victimes.