L'abbaye de Villers-la-Ville a aussi été touchée de plein fouet par les orages: "Il y avait 50 cm d'eau dans la boutique" (PHOTOS)
Durement touchée par les coulées de boue et la montée du niveau de la Thyle, l'abbaye a pu ouvrir les espaces extérieurs aux visiteurs ce lundi.
- Publié le 02-06-2026 à 08h11
- Mis à jour le 02-06-2026 à 08h31

En 2012, l'abbaye de Villers avait été envahie par la boue ruisselant sur la route avant d'entrer par la cour d'honneur et d'envahir le site. Et en 2021, elle avait à nouveau souffert, cette fois suite à la montée des eaux de la Thyle, l'eau de la rivière passant par l'axe de la roue pour entrer dans le moulin.
Samedi soir et dans la nuit de samedi à dimanche, le site cistercien a eu droit à ces deux phénomènes conjugués, et chacun de plus grande ampleur que la dernière fois. Autant dire que les dégâts vont se chiffrer en dizaines de milliers d'euros. Dimanche, l'abbaye n'a d'ailleurs pas ouvert et l'événement "Rétro Mobile" a été annulé. L'heure était au raclage des boues, au nettoyage et à l'évacuation du mobilier irrécupérable.
Une ouverture "à l'ancienne"
Mais ce lundi, les visiteurs ont tout de même pu être accueillis sur le site. Les espaces extérieurs, sauf le cloître, une partie de la cour d'honneur et les zones souterraines étaient accessibles. Les responsables ont dès lors décidé de "travailler à l'ancienne", comprenez en rouvrant l'accès au site par l'ancien guichet. Et un tarif réduit était proposé, vu les circonstances.
Le nouveau parcours du visiteur, passant par le moulin pour accéder à la colline avant de descendre dans l'enceinte de l'abbaye, mettra sans doute un peu de temps à rouvrir. Samedi, après les coulées de boue dans l'enceinte de l'abbaye vers 22 h, la Thyle a monté dans la nuit au point qu'elle est entrée dans le moulin… par les fenêtres.
La boutique, le bistro ainsi que la cave romane – qui est le point le plus bas du site – ont été envahis par l'eau.
"Il y avait 50 centimètres d'eau dans la boutique, confirme le directeur, Cédric Delcour. On verra si le mobilier peut être conservé. Dans le bistro, il y a pas mal d'équipements à remplacer, et du mobilier également. L'installation électrique a souffert, on devra réparer pour remettre l'électricité dans cette partie du bâtiment. Il y a aussi une inconnue à propos du fonctionnement des ascenseurs qui sont utilisés par les personnes à mobilité réduite. Pour l'instant, ils sont hors-service."



Sur le site même, les équipes s'activaient lundi encore à retirer une épaisse couche de boue à certains endroits où elle s'est accumulée, notamment dans le cloître. "Le soleil est revenu, le niveau de la rivière est descendu, ça va aller", positivait le directeur.
A priori, l'événement "Sacrément bon" prévu samedi et dimanche prochains, consacré aux produits locaux, pourra être organisé dans de bonnes conditions.
Des aménagements routiers attendus
Déjà lundi matin, lors d'une visite de représentants de l'Agence wallonne du patrimoine (AWaP) venus sur place pour se rendre compte des dégâts, certains aménagements qui pourraient réduire les risques d'inondation dans le moulin ont été évoqués.
On sait aussi que des aménagements routiers pour la traversée des ruines, avec une voirie rabaissée et la création de trottoirs dignes de ce nom dont on pourrait également se servir pour canaliser les coulées de boue, sont attendus depuis des années. D'après Cédric Delcour, le dossier pourrait se débloquer prochainement.