Nouvelle majorité à Rixensart: La présidence du CPAS se complique pour Thierry Bennert
La nouvelle majorité rixensartoise va devoir adopter un nouveau pacte de majorité. Le ministre François Desquesnes confirme qu'un simple avenant ne suffit pas.
- Publié le 03-06-2026 à 08h00

À Rixensart, la recomposition de la majorité communale après le départ de SolidaRix a suscité de nombreuses interrogations juridiques. La nouvelle coalition formée autour de l'AP-MR, de DéFI&Citoyens et de deux conseillers communaux devenus indépendants avait rapidement annoncé son intention de confier la présidence du CPAS à Thierry Bennert. Mais plusieurs questions sur la procédure à suivre avaient été soulevées par la députée wallonne Anne Lambelin (SolidaRix), qui avait interrogé le ministre des Pouvoirs locaux, François Desquesnes. Attendue, probablement avec impatience, à Rixensart, sa réponse apporte plusieurs clarifications importantes et pourrait contraindre la majorité à revoir une partie du scénario envisagé.
1.Un nouveau pacte de majorité est nécessaire. Le ministre donne raison à Anne Lambelin sur le fond de la procédure: un simple avenant au pacte de majorité ne suffit pas. François Desquesnes confirme que lorsqu'une composante entière d'une majorité se retire et qu'une nouvelle coalition se forme, il faut passer par une motion de méfiance collective, qui débouche sur un nouveau pacte de majorité.
2. La désignation de Thierry Bennert se complique. Le ministre Desquesnes rappelle qu'un conseiller communal devenu "indépendant" reste juridiquement rattaché à son groupe d'origine. Dès lors, Thierry Bennert ne peut pas intégrer l'exécutif communal (et donc devenir président du CPAS) sans le soutien d'au moins la moitié de son groupe d'origine, Proximité. Or, Proximité est aujourd'hui dans l'opposition.
3. La démission comme solution. Le ministre ouvre cependant une porte de sortie: si Thierry Bennert démissionne du conseil communal, il pourrait ensuite être désigné membre du conseil de l'action sociale puis président du CPAS. Il n'est, en effet, pas nécessaire d'être élu pour siéger au CPAS ou le présider. Après sa démission, Thierry Bennert serait libéré de ses liens avec Proximité. Autrement dit, il existe une solution juridique, mais elle passe par un départ préalable du conseil communal.
4. Une démission collective comme obligation. Quand un nouveau pacte de majorité est adopté, les membres du conseil de l'action sociale doivent être redésignés. Tous les conseillers CPAS actuels seront donc remplacés, peut-être par eux-mêmes. Cela devra être fait avant le choix du nouveau président.
5. Aucun délai légal strict. C'était aussi l'une des questions formulées par Anne Lambelin: de combien de temps dispose la majorité pour présenter un nouveau pacte de majorité. Le ministre ne fixe pas de calendrier. Il indique simplement que les autorités doivent agir dans un "délai raisonnable". En attendant, même démissionnaire, Grégory Verté reste président du CPAS de Rixensart, jusqu'à son remplacement.
La majorité dispose donc d'une voie juridique pour installer Thierry Bennert à la tête du CPAS, mais celle-ci apparaît plus complexe que le scénario initialement présenté après le départ de SolidaRix.