"Les jours de match, c'est comme si j'étais dans les gradins" : les voisins du stade de hockey à Wavre sont à bout et craignent pour la Coupe du monde
Alors que Wavre s'apprête à vivre au rythme de la Coupe du monde de hockey en août, certains riverains tirent la sonnette d'alarme.
- Publié le 20-06-2026 à 08h00

À moins de deux mois de la Coupe du monde de hockey, l'enthousiasme n'est pas partagé par tous à Wavre. À quelques centaines de mètres du stade, des habitants dénoncent un manque d'anticipation et des nuisances qu'ils jugent devenues insupportables.
Michel Wansart habite rue Saint-Sébastien, à une centaine de mètres à vol d'oiseau du stade. Les jours de match, il dit avoir l'impression de vivre au cœur de l'enceinte sportive. "C'est comme si j'étais dans les gradins vu le bruit", résume-t-il.

Le riverain ne se dit pas opposé au hockey ni aux événements internationaux. Il affirme même avoir soutenu le projet à ses débuts. Mais il estime aujourd'hui que le développement du site s'est fait sans aménagements suffisants. "On n'implante pas un stade au milieu d'habitations sans avoir prévu des aménagements réels au niveau urbain et routier."
Selon lui, le quartier devient difficilement praticable les jours de rencontre. "On ne sait plus se promener, se garer dans le quartier. Cela n'a aucun sens." S'il reconnaît une amélioration depuis la mise en place des navettes pour les supporters, qui limitent les nuisances après les matchs, il considère que les problèmes de fond demeurent.
"On est incapable de gérer l'organisation"
Le Wavrien s'interroge aussi sur les retombées économiques promises. "On nous vend un événement mondial, mais on est incapable de gérer l'organisation", estime-t-il. Selon lui, la majorité des visiteurs sont acheminés par navettes depuis Louvain-la-Neuve ou le zoning nord de Wavre avant de repartir directement après les rencontres. "Merci de m'expliquer les retombées pour les commerçants", s'inquiète Michel.
Il pointe également le manque de visibilité de l'événement en ville. "Il n'y a absolument rien pour la Pro League ou pour annoncer la Coupe du monde. Pas de décorations, pas de communication, pas d'affiches, pas d'animations." Il regrette aussi l'absence d'un village éphémère, de produits dérivés ou d'initiatives destinées à attirer les visiteurs vers le centre-ville.
Face aux nuisances, Michel Wansart et sa famille ont pris une décision radicale. "La seule solution, c'est de partir en août. C'est trop bruyant." Selon lui, les difficultés ne disparaîtront pas après la Coupe du monde et resteront un problème à long terme.

Le riverain assure avoir contacté la commune et le bourgmestre à plusieurs reprises sans avoir obtenu de réponse. Il lance même une invitation aux responsables du projet et aux élus. "Qu'ils viennent vivre chez nous pour constater les nuisances. Une chambre sera gracieusement mise à leur disposition."
"Une aubaine pour Wavre"
Le bourgmestre de Wavre, Benoît Thoreau (Les Engagés), défend de son côté l'organisation de la compétition. "C'est un événement exceptionnel. On n'aura cela qu'une fois", souligne-t-il.
Le mayeur rappelle qu'une réunion a récemment été organisée avec des représentants des riverains et qu'une adresse mail spécifique a été mise en place pour recueillir les doléances. "On essaie de voir avec les riverains comment résoudre les problèmes. En général, cela ne se passe pas trop mal."
La commune se prépare à accueillir quelque 10 000 personnes par jour entre le 15 et le 30 août, avec l'installation de tribunes supplémentaires. "On considère la Coupe du monde comme une aubaine. La majorité des habitants pensent pareil", affirme le bourgmestre.
Conscient du défi que représente l'afflux de visiteurs, notamment parce que les parkings sont situés à l'extérieur du centre, Benoît Thoreau indique que la commune mise sur des animations et des "hockey villages" afin d'attirer les spectateurs vers les commerces et les établissements Horeca du centre-ville.
Concernant les nuisances, il assure que des mesures ont déjà été prises pour réduire le bruit. "Le stade est récent, on essaie de gommer les petits défauts. On minimise au maximum les nuisances."
Pour la majorité communale, l'organisation de la Coupe du monde constitue avant tout une opportunité de rayonnement. "C'est fantastique pour une petite ville comme Wavre d'attirer une telle compétition", conclut Benoît Thoreau.
