Le blagueur
- Publié le 10-04-2009 à 12h05
Le capitaine Benoît Cerexhe jongla 9 ans avec les farces dans le plus vaste collège de Bruxelles
ETTERBEEK Du temps du Benoît en culotte courte, la réputation des jésuites du collège Saint-Michel n'était déjà plus à faire. Dès sa 4e primaire, le gamin "pas très discipliné", alors Laekenois, y suivra sa scolarité. Alors, pensez si jusqu'à sa sortie de rhéto (en 1979), il y a accumulé anecdotes... et bons points !
"À l'époque", démarre un Benoît Cerexhe radieux de replonger dans ces années bénies, "la discipline régnait". "J'étais assez blagueur, très bavard. En fin de parcours, je m'intéressais fort à la gente féminine."
Pas de quoi, cependant, ralentir la trajectoire du futur ministre de l'Emploi CDH de Woluwe Saint-Pierre. Sans doute parce que le fan de ballon rond s'est éclaté au 24 boulevard Saint-Michel : "Mes meilleurs amis le sont depuis mes primaires. C'est assez rare dans la vie..."
De couloir en salle verte, en passant par la récré ou "de temps en temps, la salle de retenue", le conseiller communal humaniste n'a rien oublié d'un collège, centenaire depuis 2005, n'ayant "fondamentalement pas changé." Si ce n'est, se remémore-t-il sans peine, qu'"au réfectoire, on servait de la triple Piedbœuf" ou qu'en primaire sévissaient "des cartes, blanches roses, jaunes et vertes -l'exclusion."
Des exclusions, ce "grand sportif" ne s'en est probablement pas payé des masses sur la "pelouse" jouxtant la récré : "Pour être bien intégré, il fallait jouer au foot. C'était le sport de prédilection."
Coup de chance : l'adolescent s'y montrera plutôt adroit. Dans cette "école de mecs où la seule activité commune, c'était le Cinéforum où garçons et filles ne pouvaient se croiser", le demi-droit capitaine de sa classe, assidu des entraînements, mouillera son maillot à l'intercollège, puis au FC Saint-Michel, en provinciales. Et à la cour ? "Les soupirails servaient de goals. Nous jouions avec des balles en mousse..."
Les 400 coups, pour sûr, Benoît Cerexhe les a faits, bien que s'en défiant prudemment. Mais il en retient plutôt une "solidarité" ("Quand il y avait du chahut, elle jouait à plein. Personne ne dénonçait qui que ce soit") et une partie d'humanités bilingues dont, aujourd'hui encore, il tire les fruits.
© La Dernière Heure 2009
