Le projet Loi revoit ses ambitions à la baisse

N. G.
Le projet Loi revoit ses ambitions à la baisse
©D.R.

Il n'y aura pas de tours à 165 mètres, rue de la Loi

Le projet urbain Loi a du plomb dans l'aile. Le gouvernement régional qui se penchera cette semaine sur le RRUZ (pour règlement régional d'urbanisme zoné) va revoir à la baisse tant les m2 constructibles, que la hauteur prévue des gratte-ciel.

Exit donc le projet pharaonique de trois tours de 165 m conçues par l'architecte français Christian de Portzamparc. C'est ce qui ressort d'une réponse de Charles Picqué (PS), ministre-président en charge de l'Aménagement du territoire, à une question de la députée Marie Nagy (Écolo).

Quelle est la raison de ce revirement ? "La Commission européenne sous la pression du Parlement a changé sa stratégie" , précise Charles Picqué. Désormais, l'Europe, en cure d'austérité, se veut prudente. "Les besoins de la Commission sont désormais des besoins de restructuration (fin de bail, bâtiment obsolète, etc.), ce ne sont donc pas des besoins nouveaux", a expliqué Charles Picqué .

Alors qu'auparavant la Commission demandait 250.000 m2 sur un même site, aujourd'hui elle en réclame à peine 100.000 à l'horizon 2020 et pas spécialement dans le quartier Loi.

Un revirement qu'a du mal à avaler le ministre-président : "On ne m'y prendra plus à initier des projets pour la Commission sans des demandes précises. Désormais j'exigerai des plans crédibles", s'est-il indigné en commission Aménagement du territoire.

La députée Écolo a de son côté déploré les "grands effets d'annonce du gouvernement sans assurer ses arrières" . "La commission est toujours à impulser les demandes et la Région est toujours à courir derrière", a constaté Marie Nagy. "Dans ce projet, ce sont surtout les promoteurs immobiliers qui sortent gagnant", a-t-elle ajouté.

Si les ambitions sont revues à la baisse, l'objectif d'un quartier mixte reste par contre inchangé. "Ce sera 80 % de bureaux, 15 % de logements et 5 % de commerces et d'équipements, adaptés au cas par cas en tenant compte des spécificités de chaque terrain" , a assuré le socialiste.

Quant au passage de la rue de la Loi à trois bandes au lieu de quatre, il est lié à des facteurs externes comme la mise en place du RER, d'un péage urbain et le développement des transports en commun. Un scénario peu réaliste, selon Charles Picqué.



© La Dernière Heure 2013

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