Elections communales : Les raisons du fiasco libéral en territoires bruxellois
Les libéraux bruxellois ont perdu quatre mayorats, ont été évincés de sept majorité. Voici pourquoi.
- Publié le 15-10-2018 à 17h09
- Mis à jour le 15-10-2018 à 18h48

Les libéraux bruxellois ont perdu quatre mayorats, ont été évincés de sept majorité. Voici pourquoi.
En territoires bruxellois, le Mouvement Réformateur pris cher ce dimanche 14 octobre. Il perd quatre mayorats (Koekelberg, Molenbeek-Saint-Jean, Ixelles et Ganshoren), sort de sept majorités communales dont l'emblématique Ville de Bruxelles sans oublier le fait qu'à Uccle, le MR aurait très bien pu filer dans l'opposition. En d'autres termes, c'est la bérézina pour le parti porté, en Région bruxelloise, par le vice-Premier ministre Didier Reynders.
Pour le président du MR Olivier Chastel, il n'est néanmoins pas question de déception : "Le nombre d'élus n'est pas beaucoup inférieur à celui de 2012. par contre le nombre de participations à des collèges communaux est décevant. Pourquoi ? Le parti Ecolo fait un excellent score. C'est assez normal que dans la constitution des majorités communales, le score d'Ecolo intervienne mais nous avons été victimes du fait que le PS a décidé de rejeter le MR chaque fois qu'il le pouvait dans l'oppositions dans les communes bruxelloises", a-t-il déclaré ce midi sur BX1.
Il est clair que la volonté du PS d'éjecter le MR des majorités dès que c'était possible a joué dans plusieurs communes, à commencer par Koekelberg. Plusieurs autres raisons expliquent cette descente aux enfers particulièrement inquiétante pour les libéraux à sept mois du scrutin régional et fédéral.
Le politologue de l'ULB Jean-Benoît Pilet y voit deux facteurs clés. "Tout d'abord, les libéraux ont été les victimes de jeux d'alliances qui leur ont été défavorables. On pense ici à la situation à Koekelberg (Ahmed Laaouej préféré à Philippe Pivin), à Molenbeek (Catherine Moureaux remplace Françoise Schepmans) et à Ixelles (Christos Doulkeridis à la place de Dominique Dufourny)". Ensuite, Jean-Benoit Pilet estime que le MR n'est pas parvenu à se faire entendre auprès d'une certaine partie de la population. C'est, selon lui, l'élément le plus fondamental de l'échec des libéraux à Bruxelles. Ce que l'on observe depuis le début des années 2000, c'est qu'il y a un électorat de nationalité étrangère toujours plus important en Région bruxelloise, et le MR n'est pas bon pour approcher cet électorat qui représente plus de 20 % de la population."
"Il y a donc un changement socio-démographique en Région pour lequel le MR n'arrive pas à faire face. Et tant qu'il n'arrivera pas à s'adapter, l'érosion libérale que l'on constate actuellement risque de se poursuivre. Le MR était le parti dominant en Région bruxelloise jusqu'au début des années 2000, avec des scores dépassant les 30 %. Les libéraux vont donc devoir travailler sur cette question de la diversité pour espérer à nouveau peser dans les structures communales de la capitale. Enfin, c'est le parti qui compte le moins de candidats issus de l'immigration et cet aspect-là a également joué", conclut Jean-Benoit Pilet.
Interrogée sur BX1, Emilie Van Haute y voit "un signal fort de la volonté d'alternance dans certaines communes bruxelloises". Elle y joint le fait qu'"une série de mayorats étaient considérés comme acquis par le MR, qui s'est donc moins battu sur ces communes". On pense ici naturellement au trône de Philippe Pivin. La politique menée par le gouvernement fédéral constitue une autre explication pour la présidente de Science Po ULB. "Cela a peut-être joué également", poursuit-elle sur BX1. "C'est le premier scrutin depuis cette majorité fédérale. Le MR paie sans doute un regard prospectif par rapport au travail du Fédéral. La réponse définitive à cette question tombera au mois de mai 2019."