Un jeune Bruxellois sur quatre a peur de la police
Selon une étude, les jeunes veulent une amélioration de leurs relations avec la police.
- Publié le 11-10-2021 à 06h46
- Mis à jour le 25-10-2021 à 19h12

L'étude faisant état d'un malaise entre les jeunes Bruxellois et les services de police a été menée auprès de plus de 2 000 Bruxellois âgés de quinze à trente ans. Près d'une personne interrogée sur deux (48 %) éprouve un sentiment de colère à l'encontre de la police. Et plus de quatre sur dix (42 %) font état d'un sentiment de peur. Tandis que la quasi-totalité des jeunes interviewés (93 %) déclarent que les relations entre les jeunes et la police doivent être améliorées.
Cet état de fait prouve encore fois que le fossé entre certaines catégories de la population bruxelloise et les "institutions" - qu'elles soient administratives, politiques, ou policières - ne cesse de se creuser dans la région capitale comme dans certaines grandes villes wallonnes et flamandes. La difficulté qu'ont les pouvoirs publics à convaincre de très nombreux jeunes Bruxellois à se faire vacciner en est un autre exemple.
Les guets-apens tendus aux pompiers et policiers dans la cité Versailles à Laeken, la séquestration de deux agents de police par une trentaine de jeunes dans les Marolles ont récemment rappelé que, dans certains quartiers, la relation jeunes/policiers est plus que tendue.
Cette situation de méfiance fait également écho à des événements dramatiques comme le décès du jeune Adil à Anderlecht après une course-poursuite ou du jeune Mehdi, renversé par une voiture de police au Mont des Arts. Souvent, les jeunes dénoncent "l'impunité" des policiers lors de drames tels que les décès d'Adil, de Mehdi ou de Sabrina et Ouassim en 2017 (lire ci-contre).
Pour rétablir la confiance des deux côtés, des opérations ont déjà été mises sur pied : matchs de football entre jeunes et policiers, rencontres en face-to-face, venue de la police dans les écoles, etc. Outre ces actions plus ou moins "one-shot", les autorités bruxelloises lancent des opérations à long terme, notamment dans la zone Midi (Anderlecht, Saint-Gilles, Forest). " Pour gagner le respect, il faut apprendre à se connaître. On veut une police moderne, proche des citoyens. Les jeunes doivent notamment apprendre comment la police fonctionne en interne ", expliquait Jurgen De Landsheer, chef de corps de la zone la semaine passée.