Rencontre avec Ben Weyts, ministre flamand en charge... de la périphérie bruxelloise: "Le Vlaamse Rand est confronté à une grande pression migratoire"
Ben Weyts est aussi ministre de la périphérie bruxelloise. Une compétence chère à la N-VA, qui en fait un cheval de bataille...

- Publié le 16-12-2023 à 11h26
- Mis à jour le 16-12-2023 à 11h28

Vous êtes ministre du Rand… pourquoi un tel ministère en Flandre.
"Car il y a des problèmes spécifiques qui s'y posent. Prenons l'enseignement par exemple. Partout en Flandre, il y a une diminution d'élèves à l'école primaire et maternelle… sauf dans le Brabant flamand, où il y a besoin de capacité et d'investissements supplémentaires. Autre aspect : le Vlaamse Rand est confronté à une grande pression migratoire. Il y a beaucoup de va-et-vient, au détriment des habitants d'origine. Phénomène qu'on observe aussi à certains endroits de Wallonie, comme Deux-Acren par exemple (dans le Hainaut). La situation est telle que des personnes, nées et attachées à cette région, ne peuvent pas se permettre d'y rester. Habiter dans sa région d'origine est un droit. Et ce droit est sous pression dans la périphérie bruxelloise, de même qu'à Deux-Acren ou dans le Brabant wallon. Nous avons donc, au niveau flamand, développé un instrument : un décret qui permet aux communes de réserver des parcelles à des personnes ayant un lien avec la commune. C'est un décret social qui permet aux gens de rester habiter dans leur région, car les prix des terrains et des logements deviennent impayables."
Y a-t-il, selon vous, trop de francophones dans le Rand ?
"Je ne les blâme pas les francophones, je comprends pourquoi ils viennent ! Le Vlaamse Rand est le meilleur endroit pour habiter, et avec des gens sympathiques. Vous savez quel serait le rêve pour le Rand ? Une bonne gouvernance à Bruxelles ! Cela réduirait la pression migratoire sur la périphérie. Car pourquoi autant de familles de la classe moyenne à Bruxelles viennent dans le Rand ? Parce qu'elles cherchent un meilleur futur pour leurs enfants, un meilleur enseignement, de la sécurité… On ne les blâme pas, mais cela chasse aussi des familles originaires du Rand."
Des francophones du Rand se sentent négligés et certains voudraient davantage utiliser le français dans leur vie de tous les jours.
"Dans leur sphère privée, tout le monde peut parler le français sans problème. Mais quand on vient habiter dans une commune du Rand, il faut s'adapter et apprendre le néerlandais. Ce n'est qu'une question de politesse. Imaginons que j'aille habiter à Paris en disant chez le boulanger : 'hallo, een stokbrood. Ha vous ne me comprenez pas, quel manque de respect.' Si vous déménagez, les frontières ne vont pas s'adapter à vous : vous devez vous adapter à votre environnement."
Les communes du Vlaamse Rand feront-elles toujours partie de la Flandre ?
"Mais bien sûr ! On ne demande pas non plus que Deux-Acren fasse partie de la Flandre. Pourtant il y a beaucoup de Flamands là-bas."
Votre avis sur le système de facilités linguistiques dans les communes de périphérie, comme Linkebeek ou Wemmel ?
"Les facilités linguistiques devraient être supprimées. Partout. Même à Enghien, etc. L'idée d'origine était de rendre l'intégration possible. Mais c'était temporaire."