Le retour du fameux poulet-frites-compote du dimanche : comment la Laiterie à Linkebeek a relancé la tradition "estaminet"
Après son expérience au golf de Boitsfort, Julien Goldé a réanimé une adresse ancestrale avec une cuisine traditionnelle de qualité

- Publié le 18-02-2026 à 10h15

La cuisine nourrit notre mémoire. Vous avez, nous avons toutes et tous quelque part dans notre disque dur gastronomique des plats qui nous ramènent en enfance. Où la tradition n'avait pas besoin d'être scandée pour être de qualité. Aujourd'hui, de nombreuses adresses néo-branchouilles jouent la carte du terroir sans forcément convaincre.

Rien ne vaut une adresse qui a fait ses preuves et qui, depuis 2018 et l'arrivée de Julien Goldé et son équipe, a connu non seulement un coup de jeune mais aussi un coup de boost. Tous les Bruxellois et les banlieusards du Brabant wallon et flamand sont un jour passés devant La Laiterie qui, d'abord, étonne par son côté fermette qui fait presque tache en 2025. Dieu merci, les promoteurs n'ont jamais réussi à mettre à mal cette bâtisse datant du fin 18e siècle et qui perpétue avec bonheur la tradition de l'estaminet. Même si nous sommes officiellement à Linkebeek, Uccle et Beersel sont à quelques mètres.

"Quand nous avons racheté en 2018, nous avons voulu revenir aux origines en éliminant le néon orange et la peinture rose. Retour au blanc et brun. À l'intérieur, nous avons tenu au combo estaminet restaurant. Estaminet avec comptoir, cuisine ouverte, ambiance bistrot et restaurant avec verrière véranda (sans oublier la terrasse très prisée en été)."

Depuis sept ans (déjà…), l'accent a été clairement mis sur trois aspects : l'accueil, les familles (le gros plus est l'espace enfants dont l'aménagement sonne comme une bulle d'oxygène pour les parents…) et la qualité d'une cuisine roborative comme on dit. En gros, on en a pour son argent avec des plats copieux qui font du bien.
"Nous avons toujours préféré mieux que pas assez, sourit Julien. Notre chef a toujours été généreux avec des plats authentiques plutôt traditionnels (gibier en saison, croquettes de crevettes, filet de bar, rognons de veau, pain de viande, carbonnades flamandes,…). Nous tenons aussi à proposer un plat du jour qui fait recette. "
Il est vrai que son prix (16 euros) détonne dans un milieu de l'Horeca qui a parfois tendance à gonfler. Laddition: seize euros + un verre de vin + un café = 25 euros. Imbattable dans la capitale.
Addition légère: plat du jour + un verre de vin + un café = 25 euros
Quand vous débarquez incognito à la Laiterie, vous êtes surpris d'arriver dans une réunion de copains. Tout le monde (ou presque) se connaît. C'est ça l'esprit estaminet comme Bruxelles savait le cultiver jadis.
Le retour du poulet frites compote familial du dimanche!
Ambiance entretenue avec le retour (meme s'il est à l'affiche depuis 2018) du fameux poulet-frites-compote du dimanche midi. Une institution familiale qui avait quasiment disparu de nos établissements. Le revoilà. Et il fait le plein pour 22 euros.
Reste un des points noirs à Bruxelles : le parking. Jadis, le supermarché Delhaize (en face du restaurant) permettait une offre large mais des barrières ont été installées.
"Au-delà de notre parking clients que nous gérons comme des voituriers, il y a de la place dans les rues adjacentes (c'est vrai…) ou à quelques dizaines de mètres chez un magasin de meubles en soirée."
Le tout est gratuit. Ce qui à Bruxelles reste une exception non négligeable
Petit point historique : la Laiterie a toujours été une affaire de famille. Lorsque les Van Gucht ont décidé de se séparer de l'endroit, la famille Goldé s'est rapidement mis sur le coup.
"Après avoir tenu Le Petit Golf à Watermael-Boitsfort au Drohme où j'étais comme un poisson dans l'eau, je cherchais un nouveau point de chute. Comment ne pas tomber amoureux de l'endroit ?"
On ne peut pas lui donner tort…