Galerie Louise : Le promoteur Gérald Hibert fait appel et conteste la faillite de ses 21 sociétés
La procédure lancée par Me Modrikamen pose une série de questions. Par ailleurs, certaines banques n'ont toujours pas déposé leurs déclarations de créances auprès des curateurs…
- Publié le 03-09-2026 à 16h30

Nouveau rebondissement dans l'affaire du promoteur immobilier Gérald Hibert, qui est cette fois-ci, paraît particulièrement surprenante.
Me Mischaël Modrikamen a déposé une requête en appel pour contester la faillite de 21 sociétés belges du Groupe Hibert, annonce L'Echo. "La requête tend à démontrer que les conditions de la faillite n'étaient pas réunies au moment du prononcé du jugement ; cette procédure sera introduite le 10 septembre prochain devant la cour d'appel de Bruxelles", nous précise le bâtonnier Michel Forges, qui est le conseiller personnel de Gérald Hibert.
Cette enième action n'est-elle pas perdue d'avance vu que Monsieur et Mme Hibert avaient, à l'audience de fin juin et par le biais de leurs avocats, reconnu que les conditions de la faillite étaient réunies ? En clair, le promoteur immobilier bruxellois en grande difficulté financière ne revient-il pas sur son aveu de faillite ?
Monsieur Hibert s'est borné à ne pas s'opposer au 'marché' proposé par les banques et Me Roman Aydogdu qui était de ne pas s'opposer à la faillite (sans examen approfondi des conditions) des 21 sociétés en échange d'une acceptation de la PRJ
"C'est plus subtil. On ne peut pas dire que Monsieur Hibert a fait aveu de faillite ; il n'a pas fait un tel aveu mais s'est borné à ne pas s'opposer au 'marché' proposé par les banques et Me Roman Aydogdu (nommé administrateur provisoire, NdlR) qui était de ne pas s'opposer à la faillite (sans examen approfondi des conditions) des 21 sociétés en échange d'une acceptation de la PRJ (Procédure de réorganisation judiciaire, NdlR) demandée par Sogefibel" (la société qui chapeaute les avoirs immobiliers français et qui est dans une situation financière plus saine, NdlR), explique encore Me Forges.
Offre intéressante
En clair, Me Modrikamen pense avoir trouvé une faille, à savoir que pour que la faillite soit reconnue, la société doit être en cessation de paiements et ses crédits doivent être ébranlés. "Or, estime Michaël Modrikamen, les crédits n'étaient pas ébranlés. Il en veut pour preuve la présence du fonds américain Revetas, qui était disposé à recapitaliser la société avant que les négociations ne flanchent", explique L'Echo.
On peut en déduire que si Me Modrikamen veut avoir une chance que sa requête ne soit pas rejetée, il devra avoir la preuve irréfutable qu'il dispose d'une offre plus intéressante que ce que pourraient obtenir les dix curateurs en vendant les actifs des 21 sociétés évalués à environ 400 millions d'euros.
Du côté des curateurs, on ne souhaite pas faire de commentaire sur cette procédure qui, du reste n'est pas suspensive.
Déclaration de créances
Il est par ailleurs trop tôt pour connaître le montant du passif des 21 sociétés car "certaines des principales banques n'ont pas encore déposé leurs déclarations de créances", nous a expliqué Me Emmanuelle Bouillon, qui fait partie du pool des curateurs. Elles ont un an pour le faire. Et cela risque de prendre du temps vu la complexité des dossiers. On avait dit que Gérald Hibert devait environ 300 millions d'euros aux banques, dont plus de la moitié à BNP Paribas Fortis.
Me Emmanuelle Bouillon nous a aussi indiqué qu'à ce stade, aucun des biens immobiliers logés dans les 21 sociétés -il y a notamment la Galerie Louise ou certains espaces commerciaux prestigieux à Bruxelles- n'avait été vendu.
