"Un projet bling-bling et dérangeant" : rond-point Schuman, le vaste chantier bat son plein… mais un nouveau recours vient d'être introduit
Alors que les travaux de transformation du rond-point Schuman ont débuté en novembre, un nouveau recours vient d'être introduit pour stopper le projet. "L'aménagement proposé est un véritable obstacle dans les relations inter-quartiers et renvoie la pression automobile dans les rues qui sont très peuplées d'habitants", dénonce le collectif Schuman.

- Publié le 11-01-2024 à 14h06
- Mis à jour le 12-01-2024 à 14h25

Rond-point Schuman, les travaux battent leur plein. Depuis cet automne, le chantier a démarré en vue de transformer profondément le rond-point… qui ne sera d'ailleurs plus un rond-point à proprement parler. La circulation automobile ne sera, à terme, uniquement possible entre l'avenue de Cortenbergh et la rue de la Loi. Ce qui est aujourd'hui un rond-point est appelé à devenir une vaste esplanade piétonnisée, avec en son centre un auvent majestueux et reluisant.

Mais, et c'est le moins qu'on puisse dire, le projet est loin de faire l'unanimité dans le quartier. On apprend en ce début d'année qu'un nouveau recours en annulation et en suspension a été déposé contre ce projet jugé "bling-bling et dérangeant". Cette procédure devant le Conseil d'État est portée par le Collectif Schuman, qui regroupe des commerçants et riverains. Selon le collectif, le projet est néfaste et va à l'encontre des besoins du quartier.

Un "véritable obstacle" et un "impact économique désastreux"
"L'aménagement proposé est un véritable obstacle dans les relations inter-quartiers et renvoie la pression automobile dans les rues qui sont très peuplées d'habitants, générant par la même occasion insécurité et pollution tout spécialement dans l'avenue de la Joyeuse Entrée, autour du Parc du Cinquantenaire et des Squares", déplore le collectif, qui redoute un "impact économique désastreux pour les commerçants."
En outre, l'impact sur la perspective est décrié, tout comme la difficulté à organiser des manifestations dans ce cœur du quartier européen. Sur ce point, la ministre Lalieux (PS) avait toutefois garanti lors du premier coup de pelle qu'il n'y aurait pas de "zone neutre" et que les manifestations seraient à l'avenir toujours possibles à cet endroit.
Pas le premier recours
Ce n'est, pour rappel, pas l'unique procédure intentée contre le projet. Face aux recours, les autorités avaient d'ailleurs dû revoir le projet, en intégrant notamment la mise à double sens de l'avenue de la Joyeuse Entrée. Mais pour le Collectif Schuman, le projet reste, en l'état, imbuvable.
Du côté du cabinet d'Ans Persoons (Vooruit), pas d'inquiétude visiblement. "C'est légitime et c'est un droit démocratique de pouvoir introduire un recours", indique le cabinet de la secrétaire d'État, qui rappelle que le conseil d'État se prononcera sur la forme et pas le fond du projet. "Cela fait dix ans que le projet est lancé. Il a évolué, on a consulté… Maintenant, on avance. Il y a un choix politique de piétonniser cet espace et d'en faire un lieu emblématique." Si le recours s'avère fructueux, il est fort à parier que le projet sera réintroduit sans grande modification.
Rappelons que le chantier, porté par le fédéral via Beliris et lancé en novembre, ne devrait pas se terminer avant l'hiver 2025. La facture s'élève à 25 millions d'euros, financée en grande partie par l'Europe.