Ce week-end, trois policiers ont été agressés suite à un contrôle Covid-19 dans le quartier populaire dit de la Tulipe à Ixelles. Les réactions ont fusé de toutes parts face à la violence subie par les forces de l'ordre qui ne faisaient qu'exercer leur métier. Plus encore après que le parquet de Bruxelles a libéré les auteurs présumés de l'agression. Pour le bourgmestre d'Ixelles Christos Doulkeridis (Ecolo), la libération des auteurs - toujours sous le coup d'une éventuelle condamnation si l'enquête le requiert - est un très mauvais signal pour la population dans le sens où elle renforce le sentiment d'impunité de ces individus, quasi tous liés au trafic de drogue.

Car, pour l'élu Ecolo, ce qui est arrivé ce week-end n'est pas le fruit du hasard. c'est bien le trafic de drogue au sens large du terme qui crée ce genre de tensions "intolérables". Il a d'ailleurs décidé d'écrire au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, au ministre de la Justice et à la ministre en charge de la Jeunesse en FWB afin de les convaincre d'élaborer, ensemble, "une stratégie concertée de lutte contre la petite criminalité de quartier par une concertation renforcée de l’ensemble des services qui interviennent à l’une des étapes".

"Les communes font un travail de prévention essentiel, les polices communales interviennent sur le terrain avec leurs propres moyens mais toutes ces interventions sont vouées à l’échec et au découragement s’il n’y a pas un suivi crédible et efficace sur le plan judiciaire. La plupart de ces tensions sont liées à des trafics de stupéfiants. Sans une approche intégrée de tous les niveaux, le travail qui peut être effectué sur le terrain local est totalement vain et même contre-productif, tant il donne l’impression d’un régime d’impunité. Nous ne pouvons regarder une partie de notre jeunesse s’enfoncer de plus en plus jeune dans les chemins de la criminalité et de l’argent facile. Nous ne pouvons laisser une partie de notre population subir sur le terrain les effets directs et indirects de cette criminalité", a-t-il écrit hier.

Ce phénomène ne touche pas qu'Ixelles ni même les seules communes bruxelloises, assure Christos Doulkeridis. "Toutes les communes du pays sont démunies face à ces dynamiques liées à des trafics liés à l'argent sale et facile. Si les deux autres régions étaient moins hypocrites, l'on pourrait peut-être prendre ce problème à bras-le-corps." Selon lui, le phénomène s'est amplifié par le fait que dans ces quartiers, les dealers vendaient des drogues de plus en plus dures et plus seulement du cannabis, ce qui augmente plus encore la concurrence entre les bandes. "Ces trafics induisent toujours des problèmes avec les riverains, du harcèlement, des dégradations. Les dealers entendent s'approprier leur quartier. Ils estiment être chez eux et y faire leur loi, sur leur territoire. C'est exactement ce qui s'est passé ce week-end. Et c'est inadmissible."

Christos Doulkeridis dément néanmoins l'existence de zones de non-droit à Bruxelles. "La police va partout, tout le temps. Ce qui donne l'impression d'être dans une zone de non droit, c'est quand les interpellations ne sont pas suivies d'arrestations. C'est quand les petits dealers ressortent et recommencent que les habitants ont l'impression de vivre dans des zones de non-droit... Si le parquet ne suit pas, ce n'est pas possible."