Un juge suppléant du Centre encourt sept ans de prison pour avoir violé sa belle-fille… à 754 reprises selon cette dernière
Les faits ont été dénoncés plus tard, ils sont contestés par le prévenu.
- Publié le 11-02-2025 à 07h01
- Mis à jour le 11-02-2025 à 16h00

C'est en avril 2019 que Valentine (prénom d'emprunt) se rend à la police de Sylle-et-Dendre pour déposer une plainte contre l'ancien mari de sa maman, un homme qui l'a élevée depuis ses trois ans, pour viol. Les faits auraient eu lieu quelques années plus tôt. Lundi, le beau-père est venu s'expliquer devant le tribunal correctionnel.
Selon le ministère public, les faits ont commencé en 2009 alors que la famille était en vacances au Portugal. Selon la plaignante, son beau-père lui aurait demandé de bronzer torse nu. Il se serait alors mis à se masturber près d'elle. Elle avait alors quinze ans.
Plus tard, il y aurait eu des attouchements, des viols, des échanges SMS, des messages échangés à travers un faux profil Facebook… Des choses horribles. "En 2016-2017, il lui a écrit pour s'excuser, avant de tout nier en bloc. Il a ensuite déposé deux plaintes contre la maman de ma cliente pour violence psychologique", raconte l'avocate de la plaignante. Celle-ci ajoute que le prévenu a demandé à son ex-femme et sa fille de ne pas l'envoyer en prison.
Il se défend seul
L'homme présente bien, sa réputation est en jeu devant la justice d'autant que son nom figure sur des jugements prononcés par les tribunaux. Il se présente comme juriste, juge suppléant au tribunal du travail. Se défendant seul, il conteste les faits, déclarant qu'il n'existe aucune preuve matérielle contre lui et que c'est l'argent qui est au cœur de ce dossier. Il dit être victime d'une machination montée contre lui.
Le ministère public ne le croit pas. Se basant essentiellement sur les arguments développés par l'avocate de la partie civile, le substitut du procureur requiert une peine de sept ans de prison ferme, qualifiant le prévenu "d'opportuniste" agissant pour ses besoins immédiats. "C'est de la triple perversité. Il exploite les sentiments d'adoration qu'avait cette gamine à l'égard de celui qu'elle appelait papa. Il a exploité son mal-être d'adolescente et il a créé le faux profil d'un pseudo-thérapeute pour lui faire croire que les abus étaient justifiés. Il lui a tendu un piège et elle est tombée dedans. Il n'a aucune empathie pour elle".
La jeune plaignante a tenu à prendre la parole. Elle prétend avoir subi 754 viols durant leur vie commune. "Il m'a enlevé une part de moi et il a le culot de tout retourner contre moi", a-t-elle déclaré, ajoutant que sa peur s'était transformée en détermination. Un dommage de 60.000 euros est réclamé.
Le tribunal rendra son jugement dans un mois. Le prévenu reste présumé innocent.

