En 16 ans, 10 millions d'euros de dépense pour les trois zones de l'ancienne usine chimique : un confinement prévu pour la partie située au Roeulx
La pollution est importante sur la zone nord, située au Roeulx. La Spaque va entreprendre un confinement des sols, avant d'imaginer l'avenir de cette portion.

- Publié le 15-03-2025 à 12h02

La réhabilitation de ce vaste site par la Spaque est compliquée. La dépollution de l'ancienne usine chimique a démarré en 2009, et avait créé la discorde avec Benoît Friart, ex-bourgmestre du Roeulx. 16 ans plus tard, le dossier est toujours dans les mains des scientifiques. Le gros du chantier, c'est la zone 1, la partie nord, située au Roeulx, tandis que les deux autres sections sont occupées par diverses activités, de l'autre côté d'une ligne de chemin de fer, à Mons.
Ce qui occupe l'attention de la SPAQuE, c'est donc la zone A, profondément polluée. Elle l'est à tel point, qu'imaginer des constructions avec des fondations est inconcevable et onéreux, après 16 ans et dix millions d'euros déjà investis sur l'ensemble du site. "Une partie a été payée par la firme UCB, mais la plus grande partie a été prise en charge par la Région wallonne", déclare la Caroline Charlier, la porte-parole de l'organisme. "Comme il y a vraiment un gros problème, nous avons vraiment réalisé plein d'études pour voir finalement quel serait le meilleur scénario à utiliser."
Le projet pour cette zone ultra-polluée, "où l'on circule en scaphandre", souffle Damien Sauvage (Intérêts Communaux-Mr), échevin des travaux au Roeulx, c'est de confiner le périmètre et d'isoler les terres polluées. Pour certains sites, l'usage pour la SPAQuE est de creuser, ou d'excaver (en termes techniques) les terres polluées et de les évacuer. Ici, cela ne suffirait pas. "C'est tellement pollué et étendu, que ce n'est pas envisageable. Financièrement parlant, c'est impossible à faire. Nous allons confiner toute la superficie. Nous allons isoler ces sols pollués en venant remettre une couverture par-dessus."
La méthode est radicale, et implique de nombreuses précautions. La SPAQuE va installer une sorte de "millefeuille", une couverture de différentes terres, et de membranes géotextiles. "Nous allons isoler la pollution, afin d'éviter d'une part, que l'eau de pluie qui vient et qui percole souvent à travers le sol, ne continue à venir abreuver la nappe phréatique qui se trouve en profondeur et que cette nappe continue à être polluée en permanence et représente une source de pollution menaçante."
Préserver la zone de captage Vivaqua
Au-delà de la réhabilitation du site, l'enjeu du chantier de la SPAQuE est de protéger la zone de captage en eau potable de Vivaqua. "Nous réalisons une étude pour placer une barrière hydraulique. Nous réaliserons un genre de barrage au niveau du sol, etc., pour empêcher les eaux polluées de continuer à s'écouler vers le captage. Enfin, nous mettrons en place une station d'épuration pour traiter ces eaux", confie Caroline Charlier.
Le barrage hydraulique renforcera cette protection, et l'eau sera évacuée vers la station d'épuration. "Nous travaillons toute cette étude, en partenariat avec Tractebel, afin d'imaginer le meilleur scénario pour sécuriser tout ça." Et d'ajouter qu'une autre étude de stabilité est nécessaire pour sécuriser les berges de la rivière de l'Haine, toute proche du site.
Lorsque cette phase de confinement sera bien installée, la SPAQuE envisage un projet de parc photovoltaïque, "puisque c'est quelque chose que l'on fait ailleurs dans le même cas de figure." Du côté du Roeulx, la perspective d'un zoning de petit artisanat reste une envie, mais un aménagement quelconque sur ce site s'annonce complexe.