Soignies : Elle est poursuivie pour abstention coupable devant le tribunal correctionnel pour avoir aidé sa maman à mourir
Selon le parquet, elle a mis sa maman en danger en lui donnant de l'alcool et des médicaments à dose létale.
- Publié le 20-02-2026 à 11h02

Le tribunal correctionnel se prononcera la semaine prochaine dans un dossier pour le moins singulier. Une dame originaire de Soignies est poursuivie pour non-assistance à personne vulnérable en danger. La victime n'est autre que sa propre mère. À l'audience, tenue en l'absence de la prévenue, le ministère public a longuement retracé le fil d'une affaire à la frontière du drame familial et du malaise social.
Le 16 juillet 2021, une dame en proie à de lourds ennuis de santé décède à son domicile. Huit jours plus tard, un membre de la famille, par ailleurs policier de profession, fait part de ses soupçons : et si la mort n'était pas naturelle ? Rapidement, l'hypothèse d'un geste volontaire commis par la fille émerge.
Pas d'autopsie
Mais pour les autorités judiciaires, le temps a déjà fait son œuvre. Le corps a été incinéré le 22 juillet, rendant toute analyse médico-légale impossible. Restent alors des éléments matériels et des témoignages. Le policier évoque des détails qui l'ont interpellé : plusieurs bouteilles de vin vides, une bonbonne d'oxygène installée près du lit et des plaquettes de médicaments retrouvées dans une poubelle.
Un proche affirme, lui, avoir recueilli des confidences troublantes. La fille lui aurait confié avoir aidé sa mère à mourir… à la demande de celle-ci. Des comprimés auraient été écrasés puis mélangés à de l'eau et du vin. Elle aurait même suggéré à sa maman de rédiger un message d'adieu. Des déclarations qui vaudront à la suspecte d'être renvoyée devant un juge d'instruction, lequel décidera finalement de la relaxer à ce stade.
Dépressive et malade
Entendu par les enquêteurs, le médecin traitant dresse le portrait d'une patiente fragilisée. Selon lui, la défunte exprimait le souhait d'en finir, sans toutefois entrer dans les conditions légales d'une euthanasie. Elle aurait refusé d'entamer des démarches en ce sens. Dépressive, atteinte de bronchopneumonies chroniques, elle consommait également beaucoup d'alcool.
Pour le parquet, la prévenue a placé sa mère dans un péril grave en lui administrant de l'alcool et des médicaments "à dose létale". Le substitut reconnaît néanmoins la dimension profondément humaine et misérable du dossier. Entre soupçons de geste fatal et détresse partagée, le tribunal devra trancher. Une peine de principe a été requise.

