Binche rejoint les Territoires de la Mémoire : "On ne peut plus rester passif"
Ce réseau vise à sensibiliser les jeunes à la citoyenneté et à la défense des valeurs démocratiques.
- Publié le 29-05-2026 à 09h01

Tout vient à point à qui sait attendre. L'an dernier, une motion déposée par Alexandre Rombaut (MR-CI) avait été recalée. Elle visait à faire adhérer la Ville de Binche au réseau "Territoires de la Mémoire". Le collège ne fermait pas la porte pour autant et disait travailler le sujet. Lors du dernier conseil communal, la chose a donc été actée. Binche rejoindra officiellement le réseau pour la période 2026-2030, avec l'ambition affichée d'aller bien au-delà d'un simple devoir de mémoire lié à la Seconde Guerre mondiale.
Porté par l'asbl "Les Territoires de la Mémoire", ce réseau est reconnu pour son travail d'éducation à la citoyenneté, à la résistance face aux discriminations et à la défense des valeurs démocratiques. L'adhésion permettra aux écoles du territoire binchois, tous réseaux confondus, de bénéficier d'outils pédagogiques, d'accompagnements, de formations ou encore d'animations autour de l'histoire, de la citoyenneté et de l'esprit critique.
"On souhaite mener un travail en profondeur au niveau de l'éducation des enfants", explique le bourgmestre Laurent Devin. "Ce travail existe déjà à travers les commémorations, mais il ne s'agit pas uniquement d'un travail de mémoire par rapport à la guerre. Aujourd'hui encore, il y a des situations où il faut pouvoir se mobiliser."
Pour le mayeur, le projet trouve un écho particulier dans le climat actuel. Il cite une phrase entendue récemment au Festival de Cannes, prononcée par un réalisateur : "Dans la période actuelle, il faut résister ou collaborer." Une formule qui l'a marqué. "C'est exactement cela. On ne peut plus rester passif. Quand on voit ce qui se passe aujourd'hui, un travail d'ampleur doit être mené auprès de nos jeunes. "
Concrètement, la Ville entend informer les directions des écoles communales des ressources disponibles via sa coordination pédagogique, mais aussi ouvrir largement la démarche aux autres réseaux d'enseignement présents sur le territoire. L'idée est de créer des collaborations entre les écoles, les services communaux et l'association, afin de sensibiliser davantage aux questions de citoyenneté et de mémoire.
L'adhésion permettra aussi d'accéder à des expositions itinérantes, des visites, des balades citoyennes ou encore des projets participatifs destinés au grand public. Une plaque "Territoire de Mémoire" devrait par ailleurs être installée dans un bâtiment communal afin de matérialiser cet engagement.
Pour intégrer le réseau, la Ville s'acquittera d'une cotisation annuelle de 847 euros, inscrite au budget communal. Une somme modeste au regard des ambitions affichées : rappeler qu'un devoir de mémoire ne se limite pas aux commémorations et contribuer à transmettre aux jeunes, à travers l'éducation et l'esprit critique, des repères précieux contre le retour de la bête immonde. Car le ventre est encore fécond…