La Louvière réduit ses subsides aux sociétés carnavalesques : "Ce n'est pas de gaieté de cœur"
Les sociétés devront composer avec une diminution de 10 %. L'opposition se demande si le jeu en vaut la chandelle. La majorité évoque des contraintes de la tutelle.
- Publié le 30-05-2026 à 16h03

Les conseils se suivent et les arbitrages restent douloureux à La Louvière. Quand ce ne sont pas les taxes qui augmentent, ce sont les subsides qui diminuent. Engagée dans un redressement budgétaire sous haute tension, la majorité communale continue de serrer les boulons. Lors du dernier conseil communal, un point a particulièrement animé les échanges : une coupe de 10 % dans les subsides accordés aux sociétés folkloriques de l'entité.
Le conseiller PTB Alain Clément a jeté le pavé dans la mare. Pour lui, l'économie réalisée — environ 2 260 euros à l'échelle de la Ville — pèse peu dans un budget communal, mais… "Cela représente une économie globale pour la Ville de 2260 euros. Ce n'est pas grand-chose. Mais pour nos sociétés folkloriques, cela représente beaucoup", a soulevé le conseiller d'opposition, rappelant que les coûts liés à l'organisation des carnavals ne cessent d'augmenter.
La baisse est générale : les montants attribués aux sociétés de Gilles, groupes de fantaisie, dames ou paysans diminuent dans toute l'entité. Le total des subsides passe de 45 442,50 euros en 2025 à 43 183 euros en 2026.
Face aux critiques, l'échevin des Finances, Olivier Destrebecq (MR), assume un choix contraint. "Le folklore louviérois fait partie de notre identité. C'est un vecteur de convivialité, de rassemblement et un véritable ciment social pour notre ville", rappelle l'échevin, avant de souligner que cette réduction "n'a pas été prise de gaieté de cœur". Le contexte du plan Oxygène et les obligations de gestion imposées à la Ville obligent aujourd'hui à des décisions difficiles. Si le collège avait eu davantage de marge, "nous aurions préféré renforcer le soutien à nos sociétés folkloriques plutôt que le diminuer".
Autre voix discordante, celle de Loris Resinelli, qui comprend la nécessité d'assainir les finances, dans un contexte où "le gouvernement wallon donne le la", mais dénonce une inégalité persistante entre le carnaval de La Louvière et ceux des villages. Comptez 1 478 euros pour une société de Gilles du Laetare, et 1 171 euros si les oranges sont jetées à Maurage ou à Saint-Vaast. Selon le conseiller des Engagés, les frais sont désormais comparables d'un carnaval à l'autre alors que les petites sociétés disposent souvent de moins de membres, moins de cotisations et évoluent dans des villages qui ont parfois perdu leurs cafés. Il plaide donc pour une harmonisation des subsides — mais "certainement pas à la baisse".
La diminution a été validée par la majorité du conseil. PTB et LEA se sont abstenus.